Écrasement en 2010 : L’hélicoptère volait avec une surcharge

Par Fanny Lévesque 12:00 AM - 27 mars 2013
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L’hélicoptère exploité par Héli-Excel, qui s’est écrasé le 17 août 2010 à un peu moins de 40 kilomètres au nord de Sept-Îles, aurait décollé avec une masse supérieure à la limite autorisée. Ces nouvelles informations émanent du rapport d’enquête du Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST), rendu public le 26 mars. La tragédie avait fait quatre morts, dont le pilote.

Le BST conclut que le pilote a perdu contact visuel avec le relief et ensuite, perdu la maitrise de l’appareil, avant de frapper le sol. «Ces facteurs auraient contribué à l’accident», peut-on lire dans la dépêche du bureau fédéral. Les trois passagers et le conducteur n’ont pas survécu à l’impact, qui avait été qualifié de «sévère» en 2010, par les enquêteurs du BST. Des pièces de l’engin avaient même été localisées à plus de 30 mètres du point de collision.

Surcharge
L’enquête démontre également que l’hélicoptère Eurocopter AS350-BA a décollé avec une surcharge, ce qui pourrait expliquer la perte de la maitrise. Le pilote aurait également réduit la charge de carburant pour accommoder le surpoids, attribuable à des bagages, réduisant du fait même sa marge de manœuvre en cas d’imprévu pendant le vol. «Cette autonomie réduite [en carburant] a peut-être incité le pilote à prendre un raccourci en direction des montagnes, même si l’appareil volait dans des conditions météorologiques limites», a questionné le BST.

Il faut rappeler que l’accident s’est produit alors que le pilote tentait de rebrousser chemin entre Sept-Îles et le poste Montagnais pour fuir de mauvaises conditions climatiques.

Précautions supplémentaires
Depuis l’écrasement, Héli-Excel a construit une balance extérieure, située sur l’aire de trafic à Sept-Îles, pour exercer un meilleur contrôle du poids des marchandises. Transports Canada réalise peu de surveillance des opérations héliportées parce que le détail des charges n’est pas consigné dans les livres de bord. «Il n’est pas possible d’être au fait des décollages en surcharge», fait savoir le BST.

Chez Héli-Excel, une formation au sol et en vol a été ajoutée pour réduire les risques liés au vol par mauvais temps. Le transporteur essaie aussi de mieux cerner les besoins des clients pour recommander l’utilisation d’un appareil approprié.

Le 17 août 2010, un monteur de tours pour le service des télécommunications d’Hydro-Québec, Yvon Cyr, 45 ans de Trois-Rivières et deux employés de Téka Construction, un fournisseur de la Société d’État, Jacques Brousseau, 33 ans de St-Lin et Benoît Gamache, 32 ans de Marieville, ont perdu la vie dans cet accident. Le pilote, Nicolas Turcotte, 28 ans de St-Hyacinthe, n’a pas non plus survécu.

Photo: Une équipe du Bureau de la sécurité des transports du Canada avait été dépêchée à Sept-Îles en août 2010, pour enquêter sur les circonstances entourant l’accident. (Photo : archives – Le Nord-Côtier)

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