UNESCO: Anticosti met le paquet

Par Éditions Nordiques 12:00 AM - 15 novembre 2016
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La municipalité de l’île d’Anticosti prend les grands moyens pour que l’île soit candidate comme site du patrimoine mondial de l’UNESCO. Lobbyistes, pétition en ligne, appui de scientifiques et de la communauté innue d’Ekuanitshit constituent l’arsenal pour que la ministre fédérale de l’Environnement, Catherine McKenna, retienne la candidature d’Anticosti.

La municipalité «sollicite l’appui de la communauté» pour sa candidature qui sera soumise au gouvernement fédéral d’ici le 27 janvier. Un microsite a été créé pour les gens qui désirent appuyer la candidature de l’île qui pourrait ainsi rejoindre l’arrondissement historique du Vieux-Québec, le canal Rideau et le paysage de Grand-Pré en Nouvelle-Écosse au patrimoine mondial de l’UNESCO. Au moment d’écrire ces lignes, 3 700 personnes avaient signé la pétition en ligne sur un objectif de 10 000.

La communauté innue d’Ekuanitshit a aussi apporté son appui au projet. Anticosti compte sur ses «caractéristiques géologiques, paléontologiques et géomorphologiques d’exception et d’importance mondiale», ainsi que «l’unicité de son paysage culturel» pour être candidate.

Une page d’histoire de la vie sur Terre

En plus de l’appui de la population, la municipalité d’Anticosti compte aussi sur celui d’experts internationaux. «Les roches sédimentaires de l’île d’Anticosti sont les archives géologiques, datant de la fin de l’Ordovicien et du début du Silurien, les plus complètes, les mieux exposées et les plus fossilifères au monde», estime le professeur André Desrochers, du département des sciences de la Terre et de l’environnement à l’Université d’Ottawa. Les fossiles d’Anticosti «illustrent un tournant critique dans l’histoire de la vie sur Terre» avec la «quasi-disparition de la vie dans les océans» il y a 445 millions d’années, poursuit le professeur Desrosiers.

La municipalité d’Anticosti mise aussi sur les représentations politiques. Deux lobbyistes ont été engagés pour «convenir d’entrevues pour la municipalité d’Anticosti auprès des titulaires de charges publiques» et ainsi «présenter son dossier aux décideurs publics afin d’obtenir du gouvernement (du Québec) une orientation d’appui» pour sa candidature, peut-on lire dans le registre des lobbyistes.

Pas pour bloquer les hydrocarbures

«Je pense que c’est un projet qui se tient en soi», a mentionné le maire d’Anticosti, John Pineault. «On fait le constat que notre population vieillit et diminue», continue le maire pour qui le tourisme pourrait redonner un coup de pouce à l’économie. «Souvent on parle d’Anticosti comme les Galapagos du Nord. Ça fait partie de la manière qu’on veut développer l’île», soutient M. Pineault.

S’il est opposé à l’exploitation et l’exploration des hydrocarbures sur l’île, la candidature à l’UNESCO n’est pas un moyen pour bloquer ces projets. «Vraiment pas. C’est deux projets complètement différents», explique John Pineault. «Le dossier du pétrole, on voit ce qui en devient», affirme-t-il.

Les dossiers de candidature doivent être déposés au gouvernement fédéral d’ici le 27 janvier. Un comité consultatif évaluera ces candidatures et fera des recommandations à la ministre de l’Environnement Cathrine McKenna. La liste indicative du Canada sera par la suite soumise à l’UNESCO pour évaluation à raison de deux candidatures par année. La dernière mise à jour de la liste indicative du Canada remonte à 2004.

 

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