SQ: La Cour blanchit Alcide Chicoine

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Par Fanny Lévesque
SQ: La Cour blanchit Alcide Chicoine

La Cour du Québec a acquitté le policier du poste de la Sûreté du Québec de la MRC de Sept-Rivières, Alcide Chicoine, des six chefs d’accusation de fraude, abus de confiance, vol, production de faux et utilisation non autorisée d’une banque de données, relativement à des incidents survenus en 2007, lundi au palais de justice de Sept-Îles.

«Je n’ai jamais douté de mon honnêteté», s’est exprimé le policier de 63 ans à la sortie de la salle d’audience, visiblement soulagé du verdict. «Maintenant, la population sera en mesure de se faire une opinion.» C’est d’ailleurs son honnêteté qui a retenu l’attention du juge, Marc Vanasse, qui a rejeté chacun des chefs d’accusation du ministère public en affirmant qu’il n’était pas possible de conclure que les actes reprochés ont été fait avec une intention frauduleuse ou turpitude morale de la part d’Alcide Chicoine.

Fautes déontologiques?
«Peut-être y’a-t-il là des fautes déontologiques ou d’autres natures, mais ce n’est pas l’objet de la cour ici présente», a conclu le magistrat après la lecture de sa décision. Selon lui, la poursuite n’a pas été apte à prouver que l’accusé avait agi de mauvaise foi, comme il le faut dans les cas d’accusations d’abus de confiance, vol, fraude. Pour la production de faux documents, le juge Vanasse a mis en lumière qu’ils n’avaient pas été fabriqués en vue de ne pas respecter la volonté du citoyen. «Il faut distinguer un document inexact d’un faux.» Quant à l’utilisation d’une banque de données destinée aux services de police, encore là, son utilisation à des fins personnelles par Alcide Chicoine n’a pas été faite avec une intention frauduleuse, selon le magistrat.

Alcide Chicoine s'est dit soulagé à la sortie de la salle d'audience.

Les faits reprochés
À l’été 2007, Alcide Chicoine s’est porté acquéreur de trois armes déposées au poste de la Sûreté du Québec pour destruction. Dans le premier cas, le policier a avoué avoir signé un formulaire à la place d’un citoyen en question pour autoriser la destruction d’une arme. Dans un deuxième événement, Alcide Chicoine a tenté de se procurer une arme pour destruction sans avoir reçu l’autorisation du citoyen. C’est d’ailleurs pour le retracer qu’il a utilisé le Centre de renseignements policiers. Dans les deux cas, le policier avait rapporté les armes chez lui.

Bien que la loi interdise à des policiers d’acheter des armes à feu qui font l’objet de désistement, la défense avait mis en preuve que ce genre de situation était monnaie courante au poste de Sept-Îles à l’époque, qu’il s’agissait d’une «sorte de culture» datant de la police municipale, ce que certains témoins ont confirmé.

Retour en poste?
Le policier Alcide Chicoine, qui aimerait revenir en poste, doit rencontrer sous peu la Direction des Affaires internes de la Sûreté du Québec afin «de discuter» de son dossier. Il ne se dit pas à l’abri de poursuites disciplinaires. Alcide Chicoine est suspendu de ses fonctions depuis 2008.

Alcide Chicoine est l’un des cinq policiers du poste de la MRC de Sept-Rivières à avoir été ciblés par une l’enquête interne relativement à des anormalités dans le processus de désistement d’armes à feu. Mêlé dans cette histoire, le capitaine Renaud Ringuette a été blanchi au terme de son procès, en décembre 2010. Quant aux trois autres agents, le directeur des poursuites criminelles et pénales n’a pas retenu d’accusations contre eux.

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