Les tout-petits de la Côte-Nord plus vulnérables

Par Éditions Nordiques 12:00 AM - 08 Décembre 2016
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(LE MANIC)  Les tout-petits de la Côte-Nord présentent plus de facteurs de risque que ceux du Québec, selon le premier Portrait des tout-petits québécois réalisé par l’Observatoire des tout-petits.

Par Karine Boivin-Forcier

Sur la Côte-Nord, les enfants de 0 à 5 ans sont plus souvent nés d’une mère âgée de moins de 20 ans à leur naissance ou qui n’a pas terminé ses études secondaires. Ils sont aussi plus nombreux à faire partie d’une famille à faible revenu.

En effet, en 2014, 19,7 femmes de moins de 20 ans sur 1 000 ont donné naissance à un enfant dans la région, alors que cette proportion est de 7 pour 1 000 au Québec. Quant au pourcentage de bébés nés d’une mère n’ayant pas terminé ses études secondaires en 2014, il était de 15,9 % sur la Côte-Nord contre 5,9 % au Québec.

«La scolarisation de la mère à la naissance a un impact sur le développement langagier et cognitif. […] L’âge de la mère à la naissance fait partie des facteurs de risque», indique Fannie Dagenais, directrice de l’Observatoire des tout-petits. Selon elle, le lien entre ces conditions et le revenu est également très important.

Ainsi, dans la région, 17,8 % des enfants vivaient dans une famille à faible revenu en 2013, alors que cette proportion était de 12,9 % au Québec. «Ces trois facteurs mettent à risque les tout-petits pour leur développement et leur bien-être», estime Mme Dagenais.

La directrice indique toutefois qu’à l’intérieur de la région comme au Québec, le pourcentage d’enfants vivant dans une famille à faible revenu a diminué depuis 2004. «Il y a eu une amélioration à l’intérieur de la région. […] Un élément provincial qui pourrait expliquer ça, c’est le fait qu’il y a plus de mères à l’emploi», note-t-elle.

Préoccupations provinciales

À l’échelle du Québec, le fait qu’un tout-petit sur cinq vive dans un logement non abordable, soit dont les charges totalisent 30 % ou plus du revenu familial, s’avère préoccupant, puisque cela est associé à des retards langagiers, cognitifs et socioaffectifs. L’insécurité alimentaire, qui touche 8 % des enfants, est également une préoccupation de l’Observatoire, puisque cette donnée n’a pas bougé depuis 2005.

Par ailleurs, les comportements parentaux à caractère violent, étudiés de 2004 à 2012, inquiètent également. Même si cette proportion avait diminué depuis 2004, en 2012, près de la moitié des bambins âgés de six mois à cinq ans ont été exposés à de la violence mineure (taper, pincer, serrer, etc.) au moins une fois dans l’année. Quelque 4,3 % d’entre eux avaient été exposés à de la violence sévère (coups de poing, secouer ou brasser un enfant de moins de deux ans, taper avec un objet dur, serrer la gorge, etc.) au moins une fois dans l’année.

Quant aux agressions psychologiques répétées, telles que crier ou hurler, jurer après l’enfant, menacer de le mettre à la porte ou de le frapper ainsi que l’humilier, au moins trois fois dans la dernière année, elles concernent 44 % des six mois à cinq ans.

« C’est important de suivre ça, parce qu’un enfant qui y est exposé a plus de risque de développer des problèmes d’agressivité, d’anxiété ou de dépression. […] Le risque d’escalade est élevé. […] Ce n’est pas une minorité. C’est préoccupant », mentionne Fannie Dagenais, précisant que l’Obersvatoire creusera la question plus en profondeur en avril.

Bonnes nouvelles

Parmi les bonnes nouvelles, l’amélioration du revenu des familles et la baisse du recours à l’assistance sociale sont deux points d’intérêt. On note aussi une meilleure scolarisation des mères et une augmentation des mères à l’emploi.

L’Observatoire des tout-petits présentera son prochain portrait en 2017 et se penchera à cette occasion sur l’état de santé et de bien-être des enfants de zéro à cinq ans. L’objectif de l’organisme est de combiner les données afin de dresser le portrait de la situation des tout-petits, d’analyser les données en lien avec la littérature scientifique et d’outiller les décideurs afin qu’ils puissent prendre des décisions éclairées concernant la petite enfance.

Parmi les bonnes nouvelles, l’amélioration du revenu des familles et la baisse du recours à l’assistance sociale sont deux points d’intérêt. On note aussi une meilleure scolarisation des mères et une augmentation du nombre de mères à l’emploi.

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