La légalisation du cannabis ne doit pas «être prise à la légère» selon le Rond-Point

Par Éditions Nordiques 12:00 AM - 07 Décembre 2016
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Jean-François Albert et Suzie Hovington, intervenante en dépendance au Centre d’intervention le Rond-Point.

Le Centre d’intervention le Rond-Point croit que le gouvernement fédéral ne doit pas prendre «à la légère» sa promesse de légaliser la consommation du cannabis à des fins récréatives au pays. L’organisme d’aide aux toxicomanes soulève plusieurs questions dans ce débat.

Alors que la Semaine de prévention en toxicomanie avait lieu du 20 au 26 novembre dernier, le centre le Rond-Point s’inquiète que le fédéral agisse de la même façon avec le cannabis que le gouvernement du Québec ne le fait avec la vente d’alcool.

«Est-ce qu’on va assister à ce qu’on voit avec la SAQ où tu as une carte fidélité, où il te bombarde de publicités et de rabais? L’alcool devient attrayant, mais on sait que c’est une vache à lait pour le gouvernement», mentionne Jean-François Albert du Centre d’intervention le Rond-Point.

Un peu comme l’alcool, la consommation de cannabis est banalisée. «Le cannabis est tellement ancré que les gens ne le voient plus comme une substance illégale», explique M. Albert. Pourtant, dans le pire des cas, la consommation de marijuana «peut mener à une psychose» ou «aggraver un problème de santé mentale».

Jean-François Albert voit d’un bon œil le fait de décriminaliser la possession de cannabis, puisque le fait d’avoir un casier judiciaire peut avoir plusieurs conséquences fâcheuses pour un consommateur occasionnel qui n’est pas dépendant. La légalisation soulève cependant de nombreuses questions. «Ce n’est pas une mesure à prendre à la légère», affirme-t-il.

Prendre son temps

«Je pense qu’il faut prendre son temps. Le fédéral a l’air pressé, mais je crois qu’il est trop pressé encore. Faut se rappeler que le gouvernement veut mettre en place la légalisation pour un seul but et c’est l’argent. Ce n’est pas pour le bien-être de la population», explique Jean-François Albert.

La consommation de cannabis au volant est en augmentation aux États-Unis, alors que des états comme Washington et le Colorado ont légalisé la marijuana à des fins récréatives. Au Colorado, plusieurs produits sont offerts à un degré divers de THC. «Est-ce qu’on va avoir un consommateur qui va commencer avec une dose plus basse et augmenter graduellement sa consommation en teneur en THC?», se questionne-t-il.

M. Albert se demande aussi comment vendre le cannabis, par qui et que contiendra-t-il? «Tout est à revoir. La conduite automobile, les lois au travail. Et l’aspect prévention va être doublement important», indique-t-il. Selon lui, un «fort pourcentage» des revenus tirés de la vente de cannabis devra servir à la prévention. Des questions sont aussi soulevées sur le prix du produit versus celui sur le marché noir et la consommation par les mineurs.

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