Levage des locomotives: L’expertise de Sept-Îles à la rescousse!

Par Fanny Lévesque 12:00 AM - 21 janvier 2015
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C’est au cours de prochains jours que l’imposante grue de 700 tonnes doit extirper des eaux de la rivière Moisie la locomotive principale du train de la Compagnie minière IOC, qui a déraillé le 6 novembre dernier, causant la mort du cheminot, Enrick Gagnon. La tâche colossale sera pilotée par l’entreprise MECNOR de Sept-Îles.

«C’est certainement l’un des plus grands défis techniques que nous avons eu à réaliser, surtout en raison de l’emplacement», a confié au Journal le directeur général construction de MECNOR, Marcel Lambert. Le scénario élaboré par l’entreprise prévoit lever les wagons et les deux locomotives qui ont déraillé à l’aide d’une mégagrue, assemblée sur le site du déraillement, à une vingtaine de kilomètres au nord de Sept-Îles.

«Juste pour monter la grue, il a fallu deux petites grues de 130 tonnes pour charger le matériel dans le train en plus d’une troisième de 350 tonnes spécialement pour bouger la plus grosse pièce de la grue de 700 tonnes, qui pèse à elle seule 64 tonnes!», énumère M. Lambert. Tout l’équipement et le reste du matériel de levage ont été acheminés au site, la semaine dernière.

Opération délicate
La grue GUAY de 700 tonnes, dont l’assemblage a été complété dimanche, devra s’aventurer près de la rivière Moisie en empruntant un chemin d’accès spécialement aménagé pour aller s’assoir sur une large plateforme de pierre, construite par Équipements Nordiques. Les cinq wagons et la locomotive près du cours d’eau seront déplacés en premiers. L’opération doit débuter jeudi, si le temps le permet.

Le défi sera de sortir la locomotive principale qui se trouve à environ sept pieds sous l’eau, estime M. Lambert. «C’est aussi qu’on ne sait pas exactement comment elle pèse, elle est pleine d’eau et de glace, explique-t-il. On va devoir la sortir bout par bout pour qu’elle se vide». En temps normal, le poids d’un véhicule de ce type atteint 220 tonnes.

L’expertise de Bouchard et Blanchette Marine sera aussi mise à contribution pour cette phase des travaux de récupération. Les plongeurs de l’entreprise septilienne auront la tâche de découper la glace autour de la locomotive et d’y accrocher les câbles pour la sortir. Une fois hors de l’eau, elle sera déposée sur un chariot qui sera tiré par train jusqu’à Sept-Îles.

Un scénario pensé ici
Marcel Lambert estime qu’il est tout à l’honneur des entreprises de Sept-Îles d’avoir mis la main à la pâte, ensemble. «Il y a ici des compagnies et des travailleurs qui ont toute la compétence requise pour exécuter ce genre de travaux et il faut le rappeler, souligne le directeur général. Le scénario retenu, il a été pensé à Sept-Îles», ajoute-t-il.

La division FABNOR, aussi du Groupe TRINOR, a également réalisé plusieurs pièces de levage sur mesure pour les travaux. Une vingtaine de travailleurs sont affectés au chantier.

(Photo : courtoisie)

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