Perte d’emplois : Kargo s’en va à Alma

Par Éditions Nordiques 12:00 AM - 15 octobre 2013
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L’entreprise Kargo, qui fabrique des véhicules électriques en aluminium, quitte Sept-Îles et s’installe de façon permanente à Alma, au Lac St-Jean. C’est huit emplois qui sont perdus, mais surtout, c’est un autre échec pour la deuxième et la troisième transformation de l’aluminium sur la Côte-Nord.

L’investissement pour la première phase du projet est de 1,2 million $. La semaine dernière, le ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes, à la Francophonie canadienne et à la Gouvernance souverainiste et député de Lac St-Jean, Alexandre Cloutier annonçait une aide financière de 300 000$.

Les huit emplois sont ainsi sécurisés et sept emplois supplémentaires seront éventuellement créés. «Ceux qui veulent nous suivre à Alma sont priorisés», a expliqué le président de Kargo, Pierre Dion.

Pourquoi ce départ?
La décision s’est prise au cours des dernières semaines. «Il y a eu des discussions avec des gens du secteur industriel à Sept-Îles, mais elles n’ont pas donné de résultats. Si on avait eu un partenaire industriel, ça aurait pu être possible de demeurer en place. Par contre, il aurait fallu chercher à maximiser davantage le coût du transport des pièces et des sous-traitants. On avait besoin de diminuer le coût de revient et pour y parvenir, on avait besoin d’investissements majeurs», explique le Jeannois d’origine.

Kargo veut augmenter de façon importante son volume de production. Trente-cinq voitures électriques sont dans le carnet de commandes et 200 sont prévues pour les alumineries à travers le monde. L’entreprise avait donc besoin de financement privé et gouvernemental. Le type de procédé nécessaire à la fabrication des voitures électriques ne se trouve pas dans la région.

De plus, les sous-traitants seront au minimum à 30 ou 50 km du nouveau parc technologique d’Alma, situé tout près de l’aéroport. «On était à la croisée des chemins, on a finalement trouvé du financement privé dans la capitale jeannoise. C’est vraiment une décision d’affaires, c’est un hasard si on s’installe à Alma. Le crédit d’impôt de 20% octroyé parce que l’on s’installe dans la vallée de l’aluminium n’a pas été un facteur décisif», précise l’homme d’affaires, qui a quitté sa ville d’origine il y a 34 ans.

De plus, une usine d’extrusion d’aluminium sera implantée au printemps ou à l’été prochain. Elle sera située tout près de Kargo, dans le parc technologique. «On sera dans des locaux temporaires en attendant», raconte M. Dion. La seconde phase du projet évaluée à 7 millions $, implique la construction d’une usine d’assemblage.

Déception chez DÉSI
Le directeur des communications à Développement économique Sept-Îles, Russel Tremblay, considère que la région n’a pas les avantages concurrentiels pour la deuxième et la troisième transformation de l’aluminium. «L’absence de sources d’approvisionnement et le coût des frais de transport pour ramener le produit fini vers la masse de consommateurs sont deux éléments intrinsèques à Sept-Îles», précise-t-il.

Monsieur Tremblay est déçu de cette perte pour la région. «C’est sûr qu’on a été pris par surprise, mais est-ce une surprise qui va faire tomber l’économie de Sept-Îles? Non! C’est une surprise, mais en même temps on devait s’y attendre», indique-t-il.

Ce dernier juge que la région n’est pas dans le coup quant à la deuxième et la troisième transformation de l’aluminium. «On part avec deux prises et même trois! La Côte-Nord performe davantage dans le domaine de la construction et pour tout ce qui est équipementier et équipement pour les minières et les alumineries», dit-il.
Kargo, qui s’était établi à Sept-Îles en 2008, a produit une centaine de véhicules depuis cinq ans.

(Photo: archives)

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