Mine Arnaud : Les environnementalistes se font entendre

Par Fanny Lévesque 12:00 AM - 02 octobre 2013
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Plusieurs groupes environnementaux ont pris la parole pendant la deuxième partie des travaux du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), qui examine le projet de Mine Arnaud depuis août. En marge des séances publiques, Québec meilleure mine a aussi annoncé le dépôt d’une plainte au bureau du Vérificateur général du Québec pour qu’il enquête sur les risques financiers liés au projet minier de 750 millions $.

La coalition Québec meilleure mine et la Société pour vaincre la pollution (SVP), qui ont fait valoir leurs préoccupations lors d’une conférence presse, ont qualifié d’inacceptable le projet de Mine Arnaud. Québec meilleure mine recommande au BAPE rien de moins que de le rejeter, pour des raisons d’environnement, de santé et de sécurité publique.

Les organismes vont jusqu’à remettre en question la rentabilité du projet et demandent que le promoteur rende public les études de faisabilité, ce que refuse de faire Mine Arnaud, détenue à 61,7% par Investissement Québec, pour des raisons de compétitivité.

«Ce n’est pas rien, on parle d’un investissement de trois quarts de milliard $, a lancé la porte-parole de la Société pour vaincre la pollution, Anne-Marie Saint-Cerny. On veut savoir dans quoi on investit, il s’agit probablement de l’un des plus grands investissements public-privé au Québec des 30-35 années.»

Québec meilleure mine dépose également une plainte au bureau du Vérificateur général du Québec pour qu’il fasse la lumière sur les risques financiers du projet de mine à ciel ouvert. «Ça nous étonne de voir toute la ferveur des gens d’affaires qui se disent en faveur alors qu’ils ne sachent même pas ça, a soulevé le porte-parole de la coalition, Ugo Lapointe. «On est tous actionnaires indirectement de ce projet-là, et on n’a pas le droit d’avoir ces données, ça n’a aucun sens.»

En commission
Devant les commissaires du BAPE, la SVP y est allée d’une présentation très technique approfondissant les risques liés aux dynamitages quotidiens que prévoit le promoteur. À leur avis, Mine Arnaud a sous-estimé les quantités et les concentrations des sautages.

Le porte-parole de Sept-Îles sans uranium, Marc Fafard, a brisé la glace lors de la première journée des audiences publiques, en mettant en lumière «toute la petitesse des moyens des citoyens» devant le développement de projets miniers. «Vous êtes les mains, et nous vous remettons les crayons, a-t-il imagé. Je vous souhaite tout le courage nécessaire pour mettre la note que Mine Arnaud méritera vraiment», a lancé le militant au commissaire.

Le Regroupement pour la sauvegarde de la grande baie de Sept-Îles et le Comité de défense de l’air et l’eau ont également déposé des mémoires devant la commission d’enquête.

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