Projet de chemin du Plan Nord : Les Innus mettent les freins

Par Éditions Nordiques 12:00 AM - 02 octobre 2012
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La communauté d’Uashat Mak Mani-Utenam (ITUM) n’a pas l’intention de laisser le Canadien National (CN) construire une ligne de chemin de fer sur son territoire sans son consentement. Le chef d’ITUM, Georges-Ernest Grégoire, déclare ne pas avoir eu de contact avec le CN alors que la société ferroviaire prétend le contraire.

On se rappellera que le Canadien National, en partenariat avec la Caisse de dépôt et placement du Québec, envisage de construire un réseau de chemin de fer d’environ 500 kilomètres entre Labrador City et Sept-Îles. Pour les membres d’ITUM, peu importe le trajet choisi, la voie ferrée transformerait d’une manière irréparable les territoires appartenant aux familles de la communauté.

Ce que déplore particulièrement le chef Grégoire, c’est l’absence de contact et d’information de la part de l’entreprise. «L’entreprise parle de son projet au monde entier sans le faire avec les principaux intéressés. Puisque le CN ne semble pas obtenir le consentement d’ITUM, ITUM s’oppose au projet. Le CN doit comprendre que nous ne sommes plus à l’époque des années 1950 quand des compagnies pouvaient impunément violer les droits d’ITUM», s’est-il insurgé.
Évaluation inadéquate

Selon ITUM, le CN cherche à éviter l’évaluation environnementale de son projet à l’échelle provinciale. Le dossier a cependant été déposé auprès de l’Agence canadienne de l’évaluation environnementale. Mais pour la communauté d’Uashat, cette situation n’est pas acceptable. Les représentants demandent à ce qu’une commission d’examen impliquant le gouvernement fédéral, le gouvernement du Québec et celui de Terre-Neuve-et-Labrador soit mise en place.

«Tous les projets de développement au Canada, et particulièrement des mégaprojets comme celui du CN, doivent faire l’objet d’évaluations environnementales complètes et approfondies, s’inscrire dans le cadre du développement durable, passer le test de l’acceptabilité sociale et absolument se faire dans le respect des droits des peuples autochtones», a conclu le chef Grégoire.

Le CN dément
De son côté, la directrice aux affaires publiques et gouvernementales du CN, Julie Sénécal, déclare que le processus de communications avec les communautés avait été amorcé avant même que l’annonce publique soit faite par les autorités fédérales. Elle explique que la société se faisait un devoir de prendre en considération les points soulevés par les communautés autochtones et bâtir avec elle des relations durables à long terme.

«Le président-directeur général du CN a également téléphoné au chef d’Uashat mak Mani-Utenam afin de l’informer du dépôt de notre description de projet en août et également pour lui communiquer que nous voulions le rencontrer. Nous sommes très confiants qu’une rencontre se tiendra sous peu avec Uashat mak Mani-Utenam», a-t-elle précisé.

Madame Sénécal informe que la description de projet déposée auprès des autorités environnementales fédérale est bien conforme aux lois en vigueur. «Le CN respecte toutes les lois applicables, provinciales ou fédérales, et ce tant à l’égard de ce projet que dans ses activités en général. Le CN ne cherche pas à se soustraire à quelque obligation ou exigence que ce soit en matière d’évaluation environnementale, y compris des rencontres avec des communautés autochtones ou des autres parties intéressées», a conclu la porte-parole.

Le chef de la communauté d’Uashat mak Mani-Utenam, Georges Ernest Grégoire. (Photo – Archives).

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