Tire le coyote, laboureur de mots et d’émotions

Photo de Louise Savard
Par Louise Savard
Tire le coyote, laboureur de mots et d’émotions
Tire le coyote

Sans contredit, Tire le coyote a réussi à émouvoir plus d’un avec sa chanson Le ciel est backorder lors du récent Gala de l’ADISQ dont on a beaucoup «jasé», a-t-on besoin de le redire? Ce poète de la chanson, compositeur-interprète à la voix singulière sera ce jeudi 15 novembre sur la scène du Théâtre-Graffiti de Port-Cartier, le lendemain sur celle du Centre des arts de Baie-Comeau.

«Je n’ai jamais dit que j’étais poète» précise-t-il, «mais j’aborde la chanson comme un poète aborde un poème, à la recherche des images. Quand j’ai commencé Tire le coyote, il y avait cette idée-là de ne rien cacher d’être transparent et de mettre de l’avant la fragilité humaine.»

Son quatrième album, Désherbage, le confirme de nouveau. La grande sensibilité de l’artiste transpire dans toutes les chansons au tempo plutôt lent et mélancolique. Les thèmes de la mort, de l’enfance, de la séparation sont abordés avec une plume et une voix au trémolo émouvant. Bien qu’inquiet de nature, il demeure confiant. «Je pense que dans les chansons les plus intimes et tristes, y’a ce besoin d’y mettre constamment une source d’espoir.»

Inspiré depuis l’adolescence par les icônes américaines de la musique que sont les Hank Williams, Woody Guthrie et Bob Dylan, le son résolument plus éclectique, plus rock de ce dernier opus musical, laisse tout de même une large place aux accents du folk et du country qui sont sa signature de fond.

Tire le coyote, un western de l’enfance

On ne choisit sans doute pas de s’appeler Tire le coyote (alias Benoît Pinette) sans raison. Un pseudonyme cocasse adopté en 2008. «C’est en référence aux vieux westerns de Sergio Leone que ma mère écoutait très religieusement. Dans ses films, il y avait un coyote et j’ai imaginé être un cowboy qui tire sur un coyote (rires). C’était d’imager le style musical qui était dès le départ très ancré dans les racines du folk américain. J’ai vu ce nom comme un titre de film western.»

Une voix distinctive

Difficile de rester indifférent au timbre et à la facture de sa voix. On aime ou non, mais quand on l’apprécie le charme opère et envoûte. Adolescent très influencé par Neil Young qui avait une voix haut perchée, et par celle lancinante et mélancolique de Tom Yorke du groupe Radiohead, il a travaillé et choisi cette teinte. «J’avais cette capacité d’aller dans ce registre, contrairement à d’autres et je me suis dit que ça allait donner une couleur à mes chansons.»

Gala de l’ADISQ, la controverse

Récipiendaire du Félix de l’album folk de l’année au récent Gala de l’ADISQ, il a senti le besoin de s’exprimer sur son site Facebook en réponse aux controverses qui ont suivi. « Trop souvent en cette ère de recherches de scandales et de réseaux sociaux, on oublie l’importance de regarder dans le rétroviseur; derrière notre droit à l’opinion et notre volonté de changement se cache souvent le devoir de se fermer la gueule.»

En entrevue il nous explique : «Je ne prends pas position. Mes goûts personnels n’ont rien à voir là-dedans. Ce que j’ai constaté, c’est qu’on a vraiment deux extrêmes. Quelqu’un qui calcule l’art en chiffres et l’autre qui peut faire n’importe quoi au nom de l’art parce que c’est de l’art. C’est un discours de sourds. On peut faire ce que l’on veut, dire ce que l’on veut, moi ça me dégoûte un peu».

Accompagné de quatre musiciens dont il ne tarit pas d’éloges, Tire le coyote, laboureur de mots et d’émotion, sera sur la scène du Café-Théâtre Graffiti de Port-Cartier, jeudi le 15 novembre 20h. Le lendemain, il se produira au Centre des arts de Baie-Comeau.

 

 

Partager cet article