Portrait des régions : la Côte-Nord se démarque… mais pas pour les bonnes raisons  

Portrait des régions : la Côte-Nord se démarque… mais pas pour les bonnes raisons   

Crédit photo : Richard Boucher

Le PIB est en diminution sur la Côte-Nord, la valeur des résidences est à la baisse et les revenus de la population sont stagnants, révèle une analyse de l’Institut de la statistique du Québec.

L’Institut de la statistique du Québec (ISQ) dresse chaque année un portrait socioéconomique des 17 régions du Québec. L’organisme y analyse plusieurs thématiques (démographie, logements, marché du travail, santé, etc.), selon les données les plus récentes disponibles. Le document peut ensuite guider les décisions publiques et alimenter divers chercheurs.

L’édition 2018 démontre que la Côte-Nord est en recul comparativement aux autres régions dans plusieurs des 18 indicateurs à l’étude. Si Laval, les Laurentides et Lanaudière ont les plus fortes croissances démographiques, la Côte-Nord est la région où la population a connu le plus fort déclin dans les sept dernières années, et ce, dans ses six MRC. Du point de vue économique, c’est aussi la seule région qui voit son PIB reculer. Le produit intérieur brut est l’un des principaux indicateurs de la situation économique d’un pays ou d’une région.

«Cela arrive quand certains secteurs d’activités sont en baisse. En ce qui vous concerne, le secteur minier connait des fluctuations depuis plusieurs années», indique Marie-Hélène Provençal, chargée de projet pour l’ISQ. «Si le domaine minier est en baisse, le secteur des pêches est quant à lui en croissance dans votre région. Dans l’ensemble, on voit que les régions qui se portent le mieux sont celles avec des secteurs d’activités plus diversifiés», ajoute-t-elle.

Situation paradoxale et contradictoire  

Le «revenu disponible par habitant» représente l’argent qu’il reste à un individu après impôts pour consommer et épargner. Sa croissance est particulièrement lente sur la Côte-Nord, mais les habitants de la région demeurent parmi les Québécois disposant du plus haut revenu disponible (27 417 $). Malgré cela, la région a l’un des plus hauts taux de familles vivant dans des logements «inadéquats», soit des habitations nécessitant des réparations majeures.

«La Côte-Nord et le Nord-du-Québec sont les deux régions où l’on retrouve ce genre de contraste très marqué», explique Mme Provençal. «Mais la Côte-Nord présentant un territoire très large, la situation peut être complètement différente d’une MRC à l’autre», précise-t-elle.

Maladies professionnelles et accidents de travail

La Côte-Nord est aussi à l’avant-plan en ce qui a trait à la valeur foncière des résidences unifamiliales. En hausse partout au Québec depuis 2014, on enregistre ici une baisse de 0,5 %.

L’étude de l’ISQ permet également de voir que c’est sur la Côte-Nord que l’on retrouve le plus grand nombre de lésions professionnelles. Entrent dans cette appellation les accidents sur les lieux de travail et les maladies contractées par l’exposition à divers contaminants sur place, explique Marie-Hélène Provençal.

«On ne sait pas exactement quelles sont les maladies professionnelles, les données ne vont pas jusque-là, mais on aimerait bien le savoir. On souhaite aussi savoir dans quels secteurs d’activités il y a le plus de lésions professionnelles. D’avoir ces informations pourrait éventuellement permettre de corriger la situation.»