Plan Nord: Des «illusions perdues» disent les entrepreneurs

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Par Fanny Lévesque
Plan Nord: Des «illusions perdues» disent les entrepreneurs

Un groupe de 16 entrepreneurs de Sept-Îles, Port-Cartier et Havre-Saint-Pierre ont signé «Les illusions perdues du Plan Nord», une lettre publiée mercredi dans Le Nord-Côtier.

Selon les gens d’affaires issus de différents milieux, les retombées attendues du Plan Nord se font toujours attendre sur la Côte-Nord, alors que la région subit les contrecoups de l’effondrement du marché du fer.

«Il ne se passe rien présentement, on regarde notre économie en chute libre», a martelé l’un des signataires, Steve Guillemette. «On perd des commerces, on met des gens à pied, des gens qu’on a formés, qui ont une expertise. Ces gens-là déménagent et quittent la région», a poursuivi le président du Groupe G7.

La lettre publiée mercredi dans Le Nord-Côtier.
La lettre publiée mercredi dans Le Nord-Côtier.

Depuis plus d’un an, les tuiles s’abattent sur la région, notamment avec l’arrêt des activités de Cliffs Natural Resources. La minière Rio Tinto Fer et Titane a également suspendu ses opérations jusqu’en mars. Entre 500 et 750 emplois auraient été perdus uniquement à Sept-Îles dans la dernière année, selon les estimations de la Chambre de commerce, qui appuie la sortie de ses membres.

«Les gens ne réalisent pas, à Québec et Ottawa, que c’est pas parce qu’on a annoncé (le décret environnemental) de Mine Arnaud ou qu’on parle d’un éventuel FerroQuébec qu’on vit le Klondike», a indiqué le président de la Chambre de commerce de Sept-Îles, Marc Brouillette. «On dit la même affaire, il faut que le gouvernement active les choses».

C’est d’ailleurs l’avancement plus rapide des projets FerroQuébec et Mine Arnaud que réclament les entrepreneurs en interpellant le premier ministre lui-même. FerroQuébec est toujours en attente de l’obtention du décret environnemental pour démarrer la construction d’une usine de silicium à Port-Cartier, évaluée à 400 millions $. À l’automne, le milieu économique se réjouissait d’apprendre que Québec ne tiendrait pas de BAPE sur le projet.

«C’est incompréhensible que le gouvernement n’ait pas encore tranché dans ce dossier, n’hésite pas à dire M. Brouillette. Il y a des entreprises qui attendent après ça (…) Les gens sur le terrain, le temps les rattrape, les comptes, les marges de crédit, les pertes d’emplois et les faillites. Ils ont l’impression que personne dans la province comprend ce qu’ils vivent».

Pour Steve Guillemette, le feu vert environnemental à l’entreprise espagnole qui envisage débuter ses travaux ce printemps permettrait aux entreprises de la région de respirer un peu.

«Le monde sont nerveux, déprimés, il faut remettre de l’énergie positive dans notre économie. On comprend qu’il y a des normes à respecter, du travail à faire, mais on est capable d’accélérer le dossier» – Steve Guillemette

Plus d’efforts pour Mine Arnaud

Investissement Québec, principal actionnaire de Mine Arnaud, a suspendu à l’automne les travaux d’ingénierie du projet minier de 850 millions $ parce que son partenaire a décidé de ne plus investir. «Pourquoi le gouvernement ne vient pas nous aider, mais quand c’est le temps d’aider Bombardier, ils sont là?», interroge Steeve Guillemette.

Marc Brouillette dit pour sa part respecter la décision «administrative» d’Investissement Québec, mais croit qu’au niveau politique, le gouvernement aurait dû poursuivre l’étude d’ingénierie, notamment pour permettre «d’étoffer» le projet en fournissant des détails financiers plus précis.

Le ministre responsable du Plan Nord, Pierre Arcand, a réagi à la publication de la lettre des entrepreneurs.


(Photo: Rio Tinto IOC)

 

 

 

 

 

 

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