Le Silence des troupeaux de l’audacieux Philippe Brach

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Par Louise Savard
Le Silence des troupeaux de l’audacieux Philippe Brach
Philippe Brach, un artiste intense, original et engagé, à découvrir au Centre des arts de Baie-Comeau le 29 novembre, et à la Salle Jean-Marc Dion de Sept-Îles, le lendemain 30 novembre. La première partie sera assumée par Michel Villeneuve auteur-compositeur-interprète natif de Port-Cartier, qui n’en est pas à ses premières armes et qui nous a offert cette année son premier album, Grand’Marée.

Porteur de cinq Félix sous les bras, dont celui du Spectacle de l’année, Philippe Brach s’est entouré d’excellents complices musiciens pour dévoiler, sur la scène de la Salle Jean-Marc-Dion de Sept-Îles, la version spectacle de son tout dernier album, Le silence des troupeaux.

Modeste par rapport aux trophées récemment acquis à l’ADISQ, Philippe Brach n’en demeure pas moins aussi indépendant d’esprit que depuis ses premières armes aux auditions de Star Académie en 2009, dont il avait refusé de signer le contrat.

«L’ADISQ, je n’y attache pas beaucoup d’importance, mais ça reste un coup de pouce, une espèce d’approbation pour beaucoup de gens de l’industrie musicale qui encaisse le produit de ce que tu fais. Tant mieux!»

Audacieux et libre

Ce véritable électron libre s’amuse à déboulonner les mythes et à semer les quiproquos. En témoigne la vidéo promotionnelle de son troisième album où on le voit dirigeant en studio les 2Frères, Paul Daraîche, Klô Pelgag et Louis-Jean Cormier dans une interprétation country-pop d’une chanson qui n’apparaît même pas sur l’opus!

Une bonne blague, tout faux! «Je n’ai pas trop de repères, je ne me suis jamais senti contraint à faire quoi que ce soit. J’ai l’impression d’être privilégié par une grande liberté. J’suis quelqu’un qui se tanne vite, faut que ça bouge, et ça me pousse à aller plus loin.»

Le silence des troupeaux

Mais comment traduire sur scène Le silence des troupeaux, cet album aux consonances symphoniques et vocales si amples et si remarquables?

«On va totalement ailleurs, plus «garage», plus rock que ce que l’on retrouve sur l’album, une autre « vibe » totalement», précise-t-il.

La troublante chanson Tu voulais des enfants ou encore La fin du monde ou La guerre expliquée aux adultes laisse présager un état d’esprit plus pessimiste qu’optimiste chez l’artiste, ce qu’il ne nie pas.

«Je pense qu’un mur va être frappé et qu’il se doit d’être frappé. Je pense aussi qu’on est chanceux parce qu’au Québec on sera frappé en dernier, car socialement, géographiquement et pour plein de facteurs, ont est drôlement bien placé pour vivre la fin du monde.»

Mais qu’on ne s’y trompe pas. Cet artiste lucide et audacieux ne se nourrit pas que de détresse humaine.

«Y’a une partie de moi qui aime beaucoup faire des blagues et cette passion-là je la nourris justement en faisant des capsules vidéo qu’on peut voir sur YouTube.»

Un public «minier» à conquérir!

Se considère-t-il comme un marginal selon la définition qu’en donnait le chanteur Mario Pelchat au lendemain de l’ADISQ?

«J’suis pas à l’aise avec ce genre de catégorie. Dans mes shows, y’a des enfants de 12 ans, pis d’autres de 72 ans. Pas d’farce! C’est de la musique et y’a pas de frontière au niveau des goûts.»

Et dans une verve qui ne manque pas d’humour, il ajoute pince-sans-rire : «Mon public? Très peu du secteur minier, étrangement quelques retraités, quelques comptables agréés. C’est sûr que je vais aller mettre des affiches chez ArcelorMittal. Mais sinon j’ai un public assez bigarré.»

Philippe Brach, un artiste intense, original et engagé, à découvrir à la Salle Jean-Marc Dion de Sept-Îles ce vendredi 30 novembre. La première partie sera assumée par Michel Villeneuve auteur-compositeur-interprète natif de Port-Cartier, qui n’en est pas à ses premières armes et qui nous a offert cette année son premier album, Grand’Marée.

 

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