La STQ achète l’Apollo pour la liaison Matane-Côte-Nord

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Par Charlotte Paquet
La STQ achète l’Apollo pour la liaison Matane-Côte-Nord
L'Apollo, qu'on aperçoit ici dans son ancienne vie avant son achat par la Société des traversiers du Québec, intéresse deux éventuels acheteurs. (Photo : Gary Landry)

La Société des traversiers a fait son nid. Au départ du CTMA Vacancier de la traverse Matane-Baie-Comeau-Godbout à la fin janvier, le traversier Apollo arrivera à son tour en renfort et y demeurera jusqu’à ce que le F.-A.-Gauthier puisse reprendre du service.

En conférence de presse mercredi après-midi, le président-directeur général par intérim de la STQ, François Bertrand, a annoncé la conclusion, le matin même, d’une transaction pour l’acquisition de l’Apollo, un navire appartenant à la Labrador Marine, une entreprise privée de Terre-Neuve-et-Labrador. Il assure encore pour quelques jours le service de traversier entre St. Barbe et Blanc-Sablon.

La STQ paie 2,12 M$ pour le navire construit en 1970, soit quatre ans avant l’entrée en service du défunt Camille-Marcoux à la traverse Matane-Côte-Nord. « Nous entendons revendre le navire quand ses services ne seront plus requis », a précisé M. Bertrand. Au départ, l’intention était d’affréter un traversier pour répondre au besoin ponctuel à la traverse, mais les recherches effectuées au Québec, au Canada et à l’International ont démontré qu’aucun n’était disponible à court terme, a-t-il ajouté.

Avec sa capacité de 240 passagers et 80 véhicules, l’Apollo, qui sera renommé par la STQ, est loin du gabarit du F.-A.-Gauthier ou même de son prédécesseur. Mais M. Bertrand n’a aucune crainte qu’il puisse « répondre à la demande à ce temps-ci de l’année grâce à l’ajout de traversées ».

Programme de compensations

Un programme de compensations pour les pertes engendrées par ses clients en raison de la rupture du lien maritime et Matane et la Côte-Nord est en élaboration à la STQ. Quelques détails restent à fignoler. Le PDG a promis que les conditions d’admissibilité seront dévoilées dans les prochains jours, tout en refusant de s’avancer sur les clients qui pourront en bénéficier.

Jusqu’à maintenant, les déboires du F.A-Gauthier ont coûté près de 1 M$ à la STQ pour la desserte aérienne utilisée par 4 254 passagers, les navettes terrestres entre les gares fluviales de Matane et Baie-Comeau et les aéroports de Mont-Joli et Baie-Comeau, l’affrètement du CTMA Vacancier et l’estimation des pertes de revenus liés à l’absence du F.-A-Gauthier. La facture pour la réparation du navire, en cale sèche au chantier Davie à Lévis depuis le 14 janvier pour une période de 14 jours, n’est évidemment pas incluse.

Le PDG a indiqué qu’une réclamation sera effectuée à qui de droit, sans pour autant apporter d’autres précisions. « Soyez certains que nous ferons tout pour récupérer les sommes que ç’a coûtées aux contribuables.

Négociations en cours

Par ailleurs, la STQ a confirmé que des négociations ont repris en vue de l’acquisition d’un navire de remplacement sur le marché international. Ce navire pourrait venir en renfort à la traverse Matane-Baie-Comeau-Godbout lors des périodes d’arrêts techniques ou de cale sèche du F.-A.-Gauthier, mais également à ses autres traverses.

Le navire déjà ciblé par la STQ au cours de la dernière année est toujours disponible. La STQ négocie actuellement avec son propriétaire. Si tout va bien, son acquisition pourrait se concrétiser dans les prochaines semaines, selon M. Bertrand.

Rappelons enfin que le F.-A.-Gauthier, qui est hors service depuis le 17 décembre, fait présentement l’objet de travaux d’inspection en vue d’identifier le problème de vibration à ses deux propulseurs azimutaux et réaliser la réparation nécessaire. Une équipe d’experts de la STQ, accompagnée de représentants du fabricant du système de propulsion, sont sur place.

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