Aide médicale à mourir : une gymnastique organisationnelle pour le CISSS

Photo de Mathieu Morasse
Par Mathieu Morasse
Aide médicale à mourir : une gymnastique organisationnelle pour le CISSS

L’aide médicale à mourir (AMM) est un soin strictement encadré. Un comité spécial est chargé de coordonner le processus à la fois rapide et complexe qui implique plusieurs intervenants.

L’aide médicale à mourir a été légalisée en 2015 suite à un jugement unanime de la Cour suprême du Canada. Les neuf plus hauts juges du pays ont alors posé une série de conditions très strictes qui ont été reprises par Québec dans la Loi concernant les soins de fin de vie.

L’AMM doit être administrée par un médecin. Le patient doit être un adulte capable de donner un consentement éclairé. Il doit aussi être atteint de problèmes de santé graves et irrémédiables et éprouver des souffrances persistantes et intolérables.

La loi québécoise exige de plus que le patient soit en fin de vie et que sa situation médicale «se caractérise par un déclin avance et irréversibles de ses capacités». Ces restrictions non spécifiées par la Cour suprême font présentement l’objet de contestation devant les tribunaux. Entre-temps, le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Côte-Nord a le devoir d’appliquer la loi.

«On répond aux besoins des gens en fonction des lois actuelles. Si un jour il y a un changement du cadre légal, on va adapter notre offre de service», confirme Dave Charlton, chef du département de pharmacie du CISSS de la Côte-Nord et membre du groupe interdisciplinaire de soutien (GIS) à l’aide médicale à mourir.

Groupe interdisciplinaire à l’appui

Le groupe interdisciplinaire de soutien (GIS) à l’aide médicale à mourir a été mis sur pied par le CISSS de la Côte-Nord. Il regroupe un coordonnateur, un médecin, un infirmier, un pharmacien et un travailleur social.

Le GIS aide et coordonne les équipes de soins dans le cheminement clinique et administratif de toute demande d’AMM. Sa tâche est complexifiée par la rapidité du processus (dix jours) et par la grandeur du territoire à couvrir.

Les membres du GIS répondent aux questions des médecins qui doivent évaluer l’admissibilité du patient à l’AMM. Ils planifient ensuite le moment et le lieu du traitement et s’assurent de la disponibilité du personnel et des médicaments.

«Il y a une gymnastique organisationnelle au niveau du choix moment voulu par le patient et la disponibilité du médecin et des autres intervenants», affirme Cyndie Brisson-Breton, conseillère en soins infirmiers au CISSS de la Côte-Nord.

«C’est vraiment un gros travail d’équipe. L’aide médicale à mourir, ce n’est pas seulement le médecin qui administre des médicaments», résume le pharmacien.

 

Partager cet article