La moitié des croisières annulées : des impacts sur les industries culturelle et touristique

Par Jean-Christophe Beaulieu 12:00 AM - 02 mai 2018
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L’annonce de l’annulation de six escales pour la saison des croisières déçoit les acteurs du milieu culturel et touristique. C’est tout à l’avantage de la région de faire en sorte que Sept-Îles devienne une destination et un port d’escale de choix, estiment-ils.

En réaction à l’aménagement des zones de ralentissement dans le golfe du Saint-Laurent, la ligne de croisières Oceania Cruises a annulé les six escales du MS Insignia. C’est près de 7000 personnes qui ne visiteront pas la région.

«Ceux qui verront la grosse différence, c’est vraiment l’industrie culturelle et touristique. Lors de la dernière saison des croisières, c’est 2 200 personnes qui ont visité le Musée régional de la Côte-Nord par exemple. On sait qu’il y a des retombées directes dans ce type d’activité», explique Marie-Ève Duguay, chef d’escales chez Destination Sept-Îles Nikauinanu.

Allonger la saison touristique

Les Croisières du Capitaine ont vu assez vite le bénéfice que pouvait rapporter la venue de bateaux de croisières à Sept-Îles. Pour Tony Wright, propriétaire, il y a un avant et un après.

«Avant que cette industrie soit lancée, on arrêtait nos excursions au début septembre. Désormais, on peut se rendre en octobre, voire au début novembre», déclare-t-il.

La saison étant plus longue, c’est aussi les employés qui voient leurs heures augmenter.

«En fait, avoir seulement un bateau de croisière de plus dans la saison, ça parait et c’est une valeur ajoutée pour nous. C’est certain que je trouve la nouvelle décevante, ça nous amenait pas mal plus de clientèle», affirme-t-il.

Outre l’impact économique, les escales des différents navires de croisières apportent une visibilité non négligeable pour Sept-Îles, selon Tony Wright.

«C’est pourquoi on doit leur rendre les choses plus faciles, devant les multiples choix de destinations qui s’offrent à eux. En leur fournissant de belles expériences et activités, mais aussi, en ayant une logistique compétitive par rapport aux autres ports d’escale, on tirera notre épingle du jeu», assure M. Wright, confiant que Sept-Îles deviendra une destination de choix.

Une question d’équilibre

La présence d’une communauté autochtone directement collée sur la municipalité démarque Sept-Îles des autres destinations selon Lauréat Moreau, coordonnateur du Musée Shaputuan.

«La culture autochtone est effectivement un produit très recherché par les visiteurs», constate-t-il. Avec un autobus toutes les 30 minutes lors des escales, l’équipe du Shaputuan fait de son mieux pour présenter la culture innue aux visiteurs, qui repartent toujours satisfaits de l’expérience.

«On privilégie le contact avec la personne, on prend le temps de jaser, de leur apprendre quelques mots innus. Ils apprécient énormément ces rencontres», confirme M. Moreau, qui convient tout comme Tony Wright, de l’excellente visibilité que procure l’industrie des croisières.

Le coordonnateur explique toutefois qu’il faut rechercher un équilibre entre l’aspect économique et la protection de la nature.

«Il ne faut pas négliger cet aspect, la protection de la baleine noire est à aussi à prendre en considération. Mais je suis certain que les lignes de croisières vont s’ajuster. On vit un mauvais coup sur le moment, mais ça va se rétablir», conclut-il, optimiste.

 

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