Les mauvaises créances en hausse sur la Côte-Nord

Par Éditions Nordiques 12:00 AM - 23 mars 2017
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(Le Manic) Les mauvaises créances immobilières sont en hausse sur la Côte-Nord en 2016, selon les statistiques dévoilées dans une étude de la firme JLR.

Par Karine Boivin Forcier

De mars 2016 à février 2017, 135 préavis d’exercice, un avis précisant l’intention d’exercer son recours quant à l’exercice de son droit hypothécaire, par exemple par prise en paiement, vente sous contrôle de justice ou vente par le créancier, ont été émis sur la Côte-Nord. Il s’agit d’une augmentation de 24 % par rapport à la période de mars 2015 à février 2016, où 109 préavis avaient été émis.

Les délaissements, soit l’abandon volontaire ou forcé d’un immeuble hypothéqué au créancier, ont également connu une hausse entre les deux périodes, passant de 26 en 2015-2016 à 47 en 2016-2017.

À l’échelle de la province, les préavis d’exercice ont toutefois connu une diminution de 9 %, la Côte-Nord étant la seule région touchée par une hausse aussi marquée. Seuls l’Abitibi-Témiscamingue (2 %) et le Bas-Saint-Laurent (5 %) ont également vu une augmentation des préavis d’exercice. Quant aux délaissements, la variation provinciale fait état d’une hausse de 9 %, mais les chiffres varient selon les régions.

Un lien avec l’économie

«Depuis quelques années, c’est plus difficile sur la Côte-Nord. Le secteur des mines ne va pas très bien […] Ça se répercute sur les mauvaises créances» souligne Joanie Fontaine, économiste chez JLR.

Mme Fontaine explique que, puisqu’un grand nombre de personnes se retrouvent sans emploi en même temps, cela affecte à la baisse le nombre de ventes et le prix des maisons.

Or, lorsqu’une personne sans emploi n’arrive plus à payer sa maison, une des solutions est de la vendre, une option qui s’avère plus longue et plus difficile à réaliser dans un marché immobilier qui a une tendance à la baisse.

«Les deux vont ensemble. Si le marché de l’emploi connait des difficultés, le marché de la revente va connaître des difficultés vu qu’il y a moins d’acheteurs potentiels», indique l’économiste.

Marché au ralenti

Le marché immobilier tourne toujours au ralenti sur la Côte-Nord, avec une tendance à la baisse depuis 2013. La reprise qui a touché le reste du Québec, avec une hausse du prix des maisons unifamiliales de 2 % et du volume de vente de 8 %, n’a pas été constatée dans la région.

Le prix des maisons unifamiliales dans la région a diminué de 7 % en mars 2016-février 2017 par rapport à mars 2015-février 2016. Même chose en ce qui a trait au nombre de ventes, qui a connu une baisse de 8 %.

«C’est la région où ça a été le plus difficile dans la dernière année», précise Joanie Fontaine, qui rappelle que la Côte-Nord avait connu plusieurs années meilleures que celles du reste de la province avant cette baisse.

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