Lyse Emond: Entretenir une vision rassembleuse de l’art

Par Éditions Nordiques 12:00 AM - 19 août 2016
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Appréciée des visiteurs et de ses pairs, Lyse Emond est visiblement heureuse d’avoir l’opportunité de prendre part à nouveau au Symposium d’art Mamu, dont elle ne conserve que de très bons souvenirs de l’édition précédente.

Présidente d’honneur de la 11e édition du Symposium d’art Mamu, qui se déroule du 19 au 21 août au Musée Shaputuan, Lyse Emond reconnaît pleinement l’importance d’un tel événement sur le plan social. Une opportunité en or de réunir des artistes autochtones et allochtones sous un même toit, pour qu’ils échangent entre eux, ainsi qu’avec les visiteurs.  

Native de Schefferville, Lyse Emond éprouve un attachement profond pour la culture autochtone dès sa plus tendre enfance. «Je n’ai jamais été raciste. Ça ne fait pas partie de moi. Pour moi, cette différence de couleur est un élément banal en soi. Qu’on m’ait choisi l’an dernier pour être la présidente d’honneur de ce symposium me démontre que j’ai eu raison d’être toujours aussi ouverte à la différence. Cette ouverture à l’autre me nourrit énormément», affirme-t-elle.

Une approche égalitaire

Même si elle a certains traits autochtones, elle se refuse à jouer cette carte pour en tirer certains avantages. «Ça m’énerve beaucoup que certains artistes osent se prétendre autochtones alors qu’ils ne le sont pas. J’en connais certains qui le font, déplore-t-elle. Ils vont même jusqu’à se faire faire des cartes autochtones et se déguiser. De mon côté, je ne construis aucune amitié sur la base de la race. Je me fais aussi un devoir de les entretenir. J’y consacre beaucoup de temps.»

L’artiste multidisciplinaire croit fermement qu’une telle initiative de rapprochement n’aurait pas pu être effectuée par les blancs. «Les autochtones accordent beaucoup d’importance aux valeurs communautaires et familiales. Je m’identifie beaucoup plus à ça. À la base, ils sont intéressés à réellement connaître la personne qu’ils ont devant eux. Ils ne partent pas avec des préjugés, constate-t-elle. Ils prennent véritablement le temps de connaître l’autre avant de juger.»

Plus que tout, elle apprécie cette capacité qu’ont les autochtones à profiter pleinement de l’instant présent. «Plusieurs d’entre eux ont de la difficulté à se projeter dans le temps. Je ne saurais expliquer pourquoi. Ce que je comprends, c’est qu’ils sont trop investis dans l’instant présent. Pour eux, hier est fini et on ne sait pas de quoi sera construit demain», avance celle qui considère que toutes les personnes ont en elle un fond d’artiste.

Un plaisir renouvelé

Lors de sa participation à cette 11e édition du Symposium, elle s’attend à une énergie similaire à celle de l’an dernier. «J’aime beaucoup le fait de pouvoir m’asseoir avec d’autres artistes et échanger avec eux. Je trouve ça très enrichissant, indique-t-elle. De plus, j’apprécie cette liberté que les organisateurs nous offrent. La diversité que l’on y retrouve est aussi un gros plus, autant pour les artistes que pour les visiteurs. J’apprécie aussi ce mélange des cultures et des générations.»

Lyse Emond espère que les visiteurs seront nombreux à se pointer au cours du week-end au Musée Shaputuan. Elle ajoute que c’est là un moment propice pour les gens de Sept-Îles de mettre les pieds dans ce lieu de diffusion. Selon elles, plusieurs d’entre eux n’oseraient pas le faire à une autre période de l’année. Une situation qu’elle attribue à une réelle méconnaissance de certains à l’égard de la réalité autochtone.

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