Côte-Nord : Des infirmières à bout de souffle

Par Fanny Lévesque 12:00 AM - 28 mai 2014
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Les infirmières du réseau de la santé sont à bout de souffle et celles de la Côte-Nord n’y font pas exception, ont dénoncé les syndicats de la Fédération de la santé du Québec (FSQ) et des intervenants de la santé du Nord-Est québécois (SIISNEQ) en point de presse à Sept-Îles, mercredi. À l’aube du dépôt du budget libéral, les deux syndicats revendiquent des engagements pour soutenir le personnel hospitalier, qui fait à leur avis, les frais des compressions.

Les présidentes de la FSQ et du SIISNEQ, Claire Montour et Nathalie Savard, ont lancé un cri du cœur, en dévoilant «l’état d’esprit» de 500 membres de la Côte-Nord, qui ont répondu aux cours des dernières semaines, à un questionnaire sur leur climat de travail. «Le personnel de la santé ne peut plus supporter les compressions budgétaires», a lancé Mme Montour. «Ils ont tout fait pour sauver les meubles, mais maintenant ils en payent de leur santé.»

Selon les syndicats, le taux d’absentéisme, d’heures supplémentaires et de congés maladies augmentent à de façon «effarante». Sur la Côte-Nord, le pourcentage d’heures comptabilisées en assurance-salaire atteint 9,16% alors que la moyenne québécoise se fixe à 6,09% selon les données fournies par les organisations syndicales. «Le personnel de la santé est tellement rendu à bout du rouleau qu’il tombe de plus en plus malade», a fait valoir la présidente de la FSQ. «En 2012-2013, l’assurance-salaire pour le personnel du réseau de la santé a coûté 389,6 millions $.»

Cercle vicieux
Les syndicats déplorent également que les employeurs ne se donnent pas les moyens pour parvenir à réduire le recours au personnel du secteur privé. «À défaut d’avoir un plan d’action (…), on tombe continuellement dans le cercle vicieux de l’obligation du temps supplémentaire pour le personnel régulier, qui doit compenser pour le manque de ressources», explique Nathalie Savard. «On épuise donc à nouveau le personnel, qui se retrouve avec un taux d’absentéisme ayant comme résultat qu’on doive recourir au secteur privé à nouveau. On tourne constamment en rond.»

Des solutions
La FSQ et le SIISNEQ estiment que des investissements, plutôt que «des coupures», doivent être faits dans le réseau de la santé. La FSQ affirme que le budget gouvernemental alloué à la santé doit être bonifié de 5% «pour se mettre à flot.» Les centrales syndicales souhaitent aussi revoir les conditions de travail des infirmières pour rendre «à nouveau» la profession attrayante et pallier la pénurie de main-d’œuvre.
Sur la Côte-Nord, il manquerait 180 infirmières selon le SIISNEQ. La FSQ et le SIISNEQ sont affiliés à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

La présidente du Syndicat des intervenants et intervenantes de la santé du Nord-Est québécois (SIISNQ), Nathalie Savard et la présidente de la Fédération de la santé du Québec (FSQ), Claire Montour, ont lancé un cri du cœur devant les médias, mercredi. (Photo : Le Nord-Côtier)

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