Métal 7 souffle 40 bougies

Par Fanny Lévesque 12:00 AM - 30 avril 2014
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Quand il a fondé Atelier d’usinage Sept-Îles en 1974, Arthur Leblanc était loin de se douter que sa petite entreprise de la rue des Pionniers allait devenir quarante ans plus tard, un fleuron de l’économie régionale, qui exporte son savoir-faire aux quatre coins de la planète. Avec une réputation qui n’est plus à faire, Métal 7 tourne en 2014 une page d’histoire en entrant dans la quarantaine avec à sa tête, un nouveau groupe de propriétaires.

À la recherche de nouveaux défis, Arthur Leblanc, qui avait fait carrière à la Compagnie minière IOC après être débarqué des Îles-de-la-Madeleine, avait envie de se partir en affaires. En 1974, il crée Atelier d’usinage Sept-Îles, qui se spécialise dans la fabrication de pièces mécaniques. Machiniste de formation, Bruno Morency sera le premier à croiser la route de M. Leblanc, dans cette aventure qui débutait à peine.

«Je me promenais en voiture quand j’ai vu la petite bâtisse, j’y suis rentré et Arthur était là», se souvient M. Morency. «Il m’a dit qu’il cherchait des travailleurs et il m’a engagé sur-le-champ, j’ai commencé la semaine suivante», ajoute celui qui est devenu le premier employé officiel de l’entreprise, qui allait devenir Métal 7. «La première année, nous étions une dizaine», se rappelle-t-il.

La progression de l’Atelier d’usinage a d’ailleurs été «assez égale» jusqu’en 1979. «Il y avait peut-être 20, 25 employés. L’entreprise répondait déjà aux besoins des minières en place», précise Bruno Morency, maintenant directeur des opérations chez Métal 7.

C’est en 1980 que l’entreprise commence à s’intéresser au revêtement thermique de pièces destinées aux installations minières, ce qui fait aujourd’hui sa renommée à l’international. «Arthur était vraiment avant-gardiste. Je me souviens qu’il y avait un Américain qui était venu en jet jusqu’à Sept-Îles pour nous présenter une machine à projection thermique et Arthur l’avait achetée sur place», raconte M. Morency.

C’est également à cette époque que M. Leblanc a conclu une entente avec B&R Ingineering, un agent manufacturier qui a ouvert les portes de Métal 7 aux États-Unis. «C’est toujours un de nos partenaires.»

Arthur Leblanc, Charles Bigonesse et Christian Michaud

Arthur Leblanc, Charles Bigonesse et Christian Michaud

La crise du fer
Mais les années 80 n’ont pas qu’apporté leur lot de bonnes nouvelles pour l’Atelier d’usinage, qui n’a pas échappé à la crise du fer. «Ç’a été très difficile, nous avons même eu un incendie qui a brûlé plus de 25% de nos installations (…) On travaillait sur le revêtement, mais ce n’était pas encore notre pain et notre beurre. On ne savait pas ce que nous réserverait l’avenir», explique Bruno Morency.

Le vent a finalement soufflé du bon bord vers la fin de la décennie, lorsque Charles Bigonesse, un comptable de Clarke City, a choisi d’investir dans la compagnie. Dans ces mêmes années, l’entreprise a officiellement pris le nom qu’on lui connaît aujourd’hui. D’ailleurs, le «al» de Métal 7 rendait honneur aux initiales de son fondateur. C’est aussi dans cette même période que Bruno Morency est devenu actionnaire de l’entreprise… tout comme deux autres employés, Christian Michaud et Suzanne Paquet.

L’ère Bigonesse
Charles Bigonesse est arrivé au sein de l’entreprise avec dans ses cartons un important plan de redressement. «Il avait des vues plus grandes, il voulait se tourner vers le marché international», affirme M. Morency. «Il a engagé six, sept ingénieurs pour développer les procédés de revêtement, ce qui était très technique (…) Il a beaucoup voyagé pour développer les opportunités à l’étranger.»

Métal 7 vivait un second souffle en s’ouvrant sur le monde. Entre 40 et 50 employés travaillaient au sein de l’entreprise septilienne, qui donnait aussi dans les usines de pâtes et papier. M. Bigonesse a également beaucoup investi dans le perfectionnement des fournaises, utilisées par les minières. Métal 7 a d’ailleurs fait des brûleurs des outils de précision, qui permettent d’importantes économies d’huile.

L’an 2000
Après le décès de Charles Bigonesse en 2001, Bruno Morency, Suzanne Paquet et Christian Michaud rachètent Métal 7 en 2002. M. Michaud prend la direction de l’entreprise, un poste qu’il a occupé jusqu’à tout récemment. L’investisseur Serge Langis s’est également joint au groupe. «Dans les années 2000, nous avons réalisé entre autres, deux importantes phases d’investissements», qui se sont traduites par l’achat d’équipements et l’agrandissement des installations.

Métal 7 a eu le vent dans les voiles en consolidant sa place de leader à l’international. Malgré un creux ressenti dans l’industrie minière en 2008, l’entreprise a poursuivi sa progression en atteignant jusqu’à 105 employés en 2011. Les années 2012 et 2013 ont été plus difficiles avec la débâcle du marché du fer, ce qui a forcé Métal 7 à ramener à 80 son nombre de travailleurs. Pour l’heure, Métal 7 embauche une centaine d’employés.

Nouveau chapitre
Il y a moins d’un mois, Métal 7 a annoncé qu’elle changeait de mains. L’entreprise a été vendue à un regroupement d’investisseurs canadiens, piloté par la NCP Investment Management, une société privée d’investissements et de gestion. «Métal 7 est devenue une entreprise mature, les objectifs des nouveaux propriétaires seront de consolider nos marchés et d’en développer d’autres, par exemple celui des alumineries», a fait savoir M. Morency, qui reste au sein de l’entreprise, tout comme Christian Michaud.

C’est désormais Marc-André Gervais, un gestionnaire originaire de la région de Montréal, qui tient les rênes de Métal 7, pour l’amener vers de nouveaux sommets.

(Photos: courtoisie – Métal 7)

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