Litige avec la SAAQ: Un Nord-Côtier lance un appel à l’aide sur le web

Par 12:00 AM - 28 avril 2014
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La vie de Patrick Lavoie a complètement changé en janvier 2010. La voiture dans laquelle il était passager a heurté de plein fouet un camion lourd, en face du Végétarien, sur la 138. Depuis ce temps, il réclame des prestations auprès de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) qui n’a pas encore conclu son dossier. Le 18 avril, il a lancé une vidéo YouTube dans laquelle il raconte son histoire.

Patrick Lavoie et sa famille ont dû attendre deux ans avant de voir un diagnostic santé complet tomber. Sa femme, Isabelle Thibeault, parle de la lenteur du système de santé. «C’était tellement lourd, étant donné qu’on parlait du psychologique et du physique, qu’il (leur médecin de famille) ne pouvait pas tout attaquer d’un front commun. Ç’a été très long. Il n’a même pas encore de médicaments contre la douleur aujourd’hui», a-t-elle déploré.

Un traumatisme crânien, un choc post-traumatique, des lésions cervicales et le bassin dévié : voilà ce que les huit spécialistes en provenance de Sept-Îles, Baie-Comeau et Port-Cartier ont conclu du cas de monsieur Lavoie, et ce, de façon unanime.

Saga des prestations
Patrick Lavoie a reçu des prestations de la SAAQ de janvier 2010 à janvier 2011, avant d’être coupé durant près d’un an, puisque la Société ne reconnaissait pas tous les diagnostics posés. «Nous avons demandé une révision du dossier et ils nous ont versé de nouveau des prestations durant quatre mois », a expliqué Mme Thibeault.
La SAAQ a ensuite fait évaluer M. Lavoie par son propre expert. «En une heure, l’expert a contredit le verdict de nos médecins», a indiqué Mme Thibeault, exaspérée. «Même nos médecins ne savent plus quoi donner comme document, comment nous, en tant que citoyens, on peut se retrouver là-dedans», a-t-elle questionné.

Même si la situation porte vers cette avenue, la famille ne se sent pas en mesure d’affronter une bataille juridique contre la SAAQ. «C’est ridicule. Nous, on sait qu’en cour notre cas sera en notre faveur, mais il faut se rendre là-bas et on va mourir de faim avant», a illustré sa femme, qui affirme être en train de perdre son entreprise de traiteur, à travers ce combat. «Mon mari a 33 ans, je ne peux pas être le soutien financier de ma famille pour le restant de mes jours», a-t-elle ajouté.

Seconde révision
Pour espérer avoir gain de cause, M. Lavoie et Mme Thibeault devraient payer eux-mêmes des contre-expertises, des frais évalués à environ 6 000$. «J’ai des enfants, je ne sais plus comment gérer ça», a lancé Isabelle Thibeault, visiblement désespérée. Leur dossier est toujours en statut de révision à la Société de l’assurance automobile du Québec. La famille a aussi tenté de sensibiliser à leur cause, les députés des circonscriptions de René-Lévesque et Duplessis, sans succès.

Dans une vidéo mise en ligne le 18 avril, à l’aide de cartons, M. Lavoie raconte son histoire et lance un appel à l’aide dans l’espoir que ce combat n’ait pas à être mené par d’autres accidentés. La vidéo a été visionnée par plus de 2 000 personnes en trois jours.

Réaction de la SAAQ
Jointe par le Journal, la Société de l’assurance automobile du Québec a indiqué qu’elle tentait «depuis un certain temps», d’entrer en contact avec Patrick Lavoie, afin de documenter le dossier. Elle a affirmé avoir réussi à enfin le joindre, au lendemain notre appel.

«Actuellement, on est à réviser l’ensemble de la condition médicale de monsieur et il y a de nouvelles expertises médicales qui vont être demandées rapidement. Ces expertises-là seront faites aux frais de la Société», a mentionné le porte-parole de la SAAQ, Mario Vaillancourt.

La SAAQ n’a pas souhaité préciser pour quelles raisons elle avait choisi de défrayer les coûts des experts dans le dossier de M. Lavoie, ni émettre davantage de commentaires.

(Image : YouTube)

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