Broue: le temps d’une dernière bière

Par Éditions Nordiques 12:00 AM - 16 mars 2012
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Même si le comédien Michel Côté soutient que 80% du public de chaque représentation du spectacle Broue y assiste pour la première fois, il semble que les présentations pour cette pièce mythique soient inutiles. Faisant salle pleine depuis 33 ans partout où elle passe, tout le monde connaît cette taverne itinérante et ses multiples personnages.

En 2006, les trois comédiens de Broue, Marc Messier, Marcel Gauthier et Michel Côté ont lancé à la blague qu’ils entamaient leur tournée d’adieu. «C’était dit avec beaucoup d’humour. C’est très dur d’y mettre fin. Mais là, ça se peut, pour vrai, que ce soit la dernière fois qu’on passe à Sept-Îles», avertit sérieusement Michel Côté. «C’est aussi difficile de gérer la fin d’un succès que le début d’un succès.»

Le groupe s’est donné comme objectif le 14 mars 2014, la journée du 35e anniversaire de Broue. Peut-être arrêteront-ils avant, peut-être après, mais c’est leur cible. «C’est notre but. On veut finir avec des salles pleines. On ne veut pas avoir l’air de comédiens qui insistent.»

Le populaire comédien le répète : ces 33 années ont été du bonheur. Jamais la pièce n’a été lourde à porter. Au contraire. «Ça toujours été un bonheur. Il se passait toujours de quoi de nouveau. Il y a eu l’adaptation en Belgique, le record Guiness de longévité, les évènements spéciaux, la 1000e et ainsi de suite. Ça a changé nos vies. Ça nous a fait connaître plus rapidement, ça nous a donné du travail.»

Un succès d’exception
Une pièce qui dure déjà 2 ans est un exploit, alors 33 ans, c’est exceptionnel. Pourtant, Michel Côté croit que l’exploit pourrait se répéter. «Il y a d’excellentes pièces qui auraient pu vivre longtemps, mais il faut un contexte. Si on l’a fait, c’est possible de le refaire, mais il faut gérer le succès, il faut que les acteurs soient les producteurs, ce qui est rarement le cas, il faut que les comédiens privilégient le spectacle dans leur carrière.» Bref, selon lui, il faudrait simplement le vouloir, vraiment le vouloir.

Ce qui les a aidés, c’est que les trois comédiens sont très orgueilleux. Et c’est Michel qui le dit. «On est très orgueilleux. On joue même malade. J’ai joué avec des maux de tête souvent. J’ai déjà joué avec une hernie cervicale. On refuse d’annuler. Les gens veulent voir le spectacle. On a adopté une grande discipline pour être en forme, pour le spectacle.»

Broue est de passage pour deux soirs à Sept-Îles, et probablement pour une dernière fois, les 21 et 22 mars prochains… mais c’est déjà complet.

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