Benoit Cormier: Un parcours presque trop parfait

Par Éditions Nordiques 12:00 AM - 08 mars 2012
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Il y a de ces chemins qui nous font croire au destin. Le parcours de Benoit Cormier est de ceux-ci. Le violon semble être son Excalibur, la musique classique, sa potion magique. Et le musicien de Sept-Îles le dit à quelques reprises durant l’entretien, jouer pour l’Orchestre Symphonique de Québec (OSQ) le comble. «C’était vraiment mon plan.»

Comme son frère Louis-Jean, Benoit a rapidement été initié à la musique. Tellement qu’il ne se souvient même pas avoir consciemment choisi le violon. Ça s’est fait, seulement. «J’ai toujours eu une affinité naturelle avec le violon, j’ai toujours aimé ça. On avait un oncle luthier, ça a peut-être été une influence.» Il faut dire que ses parents avaient eux aussi un pied dans la musique, dans une chorale, entre autres. «Papa jouait de la clarinette, il avait une formation de base», ajoute le violoniste.

Et la musique est rapidement devenue l’épicentre de son quotidien, jouant également du cor français dans les harmonies scolaires. «Je faisais de la musique à temps plein déjà en troisième ou quatrième secondaire.» On lui conseille fortement de suivre cette voie. Il ne s’est pas fait prier.

Hop! Direction le Grand Théâtre
Avec son diplôme d’études secondaire en main, le jeune violoniste quitte le foyer familial et part pour Québec, afin d’entreprendre un DEC au Conservatoire de musique, puis un baccalauréat et une maîtrise, toujours en interprétation violon et toujours au Conservatoire. En tout, huit années sur les bancs de la réputée école de musique.

Il faut savoir ici que le Conservatoire est situé dans les sous-sols du Grand Théâtre de Québec, lieu de résidence de l’OSQ. Voilà pourquoi le mot destin s’impose. «J’ai embarqué trop rapidement dans l’OSQ, raconte étonnamment Benoit. J’ai gagné le poste de violoniste alors que je n’avais pas terminé mes études. Moi, je passais les auditions juste pour me pratiquer à faire des auditions, qui peuvent être très stressantes.»

Mais l’Orchestre le voulait vraiment. «Le Conservatoire et l’OSQ ont été cléments. Ils m’ont aidé à marier les deux horaires en même temps.» Si bien que depuis maintenant 16 ans, Benoit Cormier a pour deuxième maison le Grand Théâtre. «C’était vraiment mon plan de carrière, je ne me destinais pas à être soliste. L’OSQ tombait dans mes goûts.» Depuis, il aura gravi quelques échelons, devenant il y a trois ans 2e assistant aux premiers violons, ce qui en fait en quelque sorte le 4e violon de l’orchestre.

On le devine, être violoniste pour un gros orchestre comme l’OSQ, c’est beaucoup plus que donner des spectacles. Pour un concert, Benoit apprendra les partitions, répètera chez lui, répétera 4 fois en groupe, fera une générale, puis le concert. Les musiciens reçoivent habituellement les partitions deux semaines à l’avance. «Ce n’est pas routinier et ça me convient.»

Musique de chambre et musique pop
S’il n’a jamais accroché sur la guitare, «peut-être parce que mon frère était trop bon», il n’apprécie pas moins la musique populaire. Louis-Jean a fait appel à lui à deux reprises pour signer des arrangements sur deux albums de Karkwa. «J’adore faire ça», admet-il. Et la porte est toute grande ouverte pour d’autres collaborations.

C’est toutefois avec Céline Dion qu’il a atteint les sommets de la pop, alors qu’il a joué pour elle sur les Plaines d’Abraham en 2008. «C’était super intense, c’était un gros trois jours. Ma plus grosse foule à vie! C’était impressionnant voir Céline travailler. J’étais très content, aussi, qu’ils engagent des gens de Québec pour ce spectacle, au lieu de faire venir ceux de Las Vegas», explique-t-il. «Je ne pourrais pas délaisser le classique, mais si je pouvais faire plus de pop, j’aimerais ça. J’ai aussi cette oreille.»

En 2001, il a également fondé un quatuor de musique de chambre, le quatuor Cartier, qui a duré environ 5 ans. Encore aujourd’hui, comme pigiste, il accompagne des orchestres de chambre, ainsi que des chœurs ou d’autres orchestres. Et comme il ne se trouve pas assez occupé encore, il donne aussi des cours privés.

Mais au-delà de ce destin qui semblait tout dessiner pour lui, ce qui ressort le plus, durant cette conversation avec Benoit Cormier, c’est le bonheur qui réside dans sa voix. «Je rêve à beaucoup de choses, mais je suis tellement ravi de ce qui m’arrive, je profite pleinement de ce qui m’arrive. Je vis déjà mon rêve avec l’OSQ.»

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