Fusion du CSSS: Port-Cartier à l’unisson pour une gestion locale

Plus de 200 personnes ont manifesté leur appui à l’autonomie du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de Port-Cartier jeudi, à l’agora du centre récréatif et culturel. Réunis pour l’occasion, la mairesse, Laurence Méthot, le président de la chambre de commerce de Port-Cartier, Jean-Marie Potvin et le président de la corporation de développement économique de Port-Cartier, Yves Desrosiers ont lancé un cri du cœur.

La mairesse a eu du mal à contenir sa déception face au spectre de la fusion du CSSS de Port-Cartier avec celui de Sept-Îles. «En 2004, en 2010 et aujourd’hui encore vous essayez de nous fusionner. C’est assez; laissez-nous en paix et arrêtez de nous faire vivre cette angoisse. La population est avec moi!», s’est-elle exclamée, applaudie par la population présente.

Laurence Méthot a appris qu’une étude sur la faisabilité d’une fusion entre les CSSS de la Basse-Côte-Nord, de Sept-Îles et de Port-Cartier avait été commandée à l’automne dernier par le CSSS de Sept-Îles.

Elle a confié ses inquiétudes à la députée de Duplessis, Lorraine Richard, qui travaillerait pour le maintien de l’autonomie assure Mme Méthot. D’ailleurs, si ce n’avait été d’obligations qui la retenaient à Québec, Mme Richard aurait été présente à l’agora, précise Mme Méthot.

Position du milieu économique
C’est d’ailleurs l’un des arguments du président de la Chambre de commerce, Jean-Marie Potvin. «C’est un faux débat de dire qu’à cause des compressions budgétaires, il faut fusionner et diminuer les coûts», a-t-il expliqué.

La Chambre de commerce souhaite aussi que la gestion du centre demeure locale. «Port-Cartier doit composer avec une réalité de travailleurs qui œuvrent à toute heure du jour. Le service de l’hôpital doit donc être offert 24 heures sur 24», a insisté M. Potvin. Une instance locale garantirait davantage le maintien de ce service, selon lui.

Pour sa part, Yves Desrosiers qui a déjà été vice-président du conseil d’administration du CSSS de Port-Cartier pendant trois ans est attristé que le scénario se répète pour une troisième fois en l’espace de dix ans.

Collaboration avec l’Agence
Mme Méthot a aussi exprimé par un exemple concret, le manque de volonté régionale de la part de l’Agence de la santé et des services sociaux de la Côte-Nord, de collaborer avec le CSSS de Port-Cartier.

Le service de chimiothérapie n’est plus offert au CSSS de Port-Cartier depuis un certain temps. Les patients qui doivent subir des traitements sont obligés de se déplacer à Sept-Îles avec un sac de papier brun entre les jambes, a illustré Mme Méthot. S’il y avait une réelle volonté de collaboration, les traitements pourraient être préparés à Sept-Îles. Ils seraient par la suite transportés à Port-Cartier et administrés aux patients par le personnel de l’hôpital, a suggéré Mme Méthot.

Absence remarquée
La seule personne manquante à la table jeudi, était le président du conseil d’administration du CSSS de Port-Cartier, Clermont Tremblay. La Radioactive 99,1 et le Journal Le Nord-Côtier ont pu parler au directeur général du CSSS de Port-Cartier, M. Daniel Camiré. Ce dernier a répondu que la position de l’établissement a été exprimée la semaine précédente, par voie de communiqué. Pour l’instant, les membres du C.A. et de la direction sont en faveur du maintien de l’autonomie.

Un comité stratégique, étudiant toutes les possibilités et devant choisir le meilleur scénario, a récemment été formé. Le comité mandaté doit rendre sa décision à l’automne. M. Camiré rappelle que le CSSS de Port-Cartier a subi des compressions budgétaires évaluées à 750 000$ au cours des trois dernières années. Le centre de santé a présenté des états financiers pour l’année 2012-2013 en équilibre, «un équilibre très précaire», avait confié au Journal la semaine dernière.

PHOTO: La mairesse de Port-Cartier, Laurence Méthot, le président de la Chambre de commerce de Port-Cartier, Jean-Marie Potvin et le président de la Corporation de développement économique de Port-Cartier, Yves Desrosiers. (Photo : Le Nord-Côtier)

Texte: Dominique Séguin