Yasmine Fontaine affiche fièrement ses racines autochtones

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Par Éric Martin
Yasmine Fontaine affiche fièrement ses racines autochtones
Sur cette photo prise lors d’une descente de la rivière Moisie à l’été 2019, Yasmine Fontaine est accompagnée de Danielle Descent (psychologue de Maliotenam et guide) et Jos-André Fontaine-Vollant (guide). Ces deux personnes occupent un rôle important dans son processus de réappropriation identitaire. Photo courtoisie

Depuis peu sur le conseil d’administration de Femmes autochtones du Québec à titre de représentante jeunesse, Yasmine Fontaine se sent réellement interpellée par le Nitassinan (territoire traditionnel innu). Cet appel auquel elle a répondu lui permet d’apprendre à mieux se connaître et d’acquérir des connaissances traditionnelles que l’on ne retrouve pas dans les livres d’histoire.

À la fin de ses études secondaires, Yasmine Fontaine a vécu un réel choc culturel. « Je n’avais pas grandi dans la communauté (Uashat mak Mani-utenam). Je ne parlais pas la langue non plus. Pour moi, il me manquait une part importante de mon identité », confie-t-elle. « Ce processus de réappropriation identitaire, je sais bien que c’est le travail d’une vie. »

Un vent favorable

Également impliquée au sein de l’Association des étudiants et étudiantes autochtones, cette Innue voit d’un très bon œil le fait que ses semblables soient de plus en plus nombreux à entreprendre des études supérieures.

« On commence à brasser les choses. On est un peuple qui a été soumis trop longtemps au silence. Au cours des dernières années, il y a eu un mouvement de résilience et de prise de parole », enchaîne Yasmine. « Notre voix a plus d’importance. On se réapproprie les savoirs traditionnels. J’approuve ce mouvement de décolonisation. Ce retour du savoir traditionnel. »

Un moment marquant

Ce déclic s’est surtout fait sentir lors d’une expédition canot-portage à l’été 2018. Elle prenait alors part à un projet qui permettait à de jeunes Innues de retourner sur le territoire. « Ce moment a été marquant pour moi. Le territoire (Nitassinan), c’est notre maison. Quand j’y suis allée, je me suis réellement sentie chez moi. C’est difficile à expliquer », indique celle qui y est retournée plusieurs fois par la suite.

Encore aujourd’hui, Yasmine Fontaine s’explique difficilement que ces connaissances sur la réalité autochtone ne lui avaient pas été transmises auparavant au secondaire. « C’est mon livre d’histoire. Je ne peux pas l’emprunter à la bibliothèque. Il se retrouve dans le territoire et sur les chemins de portage. C’est en y retournant que je me suis retrouvée moi », lance-t-elle.

Un lien maintenu avec le territoire

Aux études à l’Université Laval en anthropologie, Yasmine Fontaine s’implique également auprès des gardiens des sites sacrés. « Je me sens choyée qu’ils m’aient pris sous leurs ailes. J’en apprends chaque jour et mon chemin est loin d’être terminé. Le savoir que l’on me transmet est différent. Il est plus riche de souvenirs qui se transmettent de génération en génération. C’est un tout autre concept », conclut-elle.

 

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