Semaine de la toxicomanie: Une problématique de consommation observée chez les jeunes

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Par Éditions Nordiques
Semaine de la toxicomanie: Une problématique de consommation observée chez les jeunes

Lors de la Semaine de la toxicomanie, du 18 au 22 novembre, le directeur général du Centre d’intervention Le Rond-Point, Jean-François Albert, en profite pour sensibiliser la population à la problématique de consommation chez les jeunes de 10 à 24 ans et faire la promotion des services offerts par l’organisme.

En 2012, des données fournies par l’Institut national de santé publique du Québec indiquent que le pourcentage de consommateurs sur la Côte-Nord est de 8% plus élevé que dans l’ensemble du Québec. «On est inquiet du fait que la Côte-Nord soit au-dessus de la moyenne nationale. De plus, les jeunes s’initient plus tôt à l’alcool», soulève Jean-François Albert.

Pour les différents intervenants en toxicomanie, de tels résultats peuvent s’expliquer par différents facteurs. «La consommation chez les jeunes résulte parfois d’une insécurité, d’un manque de confiance en soi, de l’envie pour les jeunes de se sentir comme les autres. Les parents ont un rôle à jouer, avance-t-il. Ils se doivent de prêcher par l’exemple et adopter des comportements plus responsables en terme de consommation, mais ils ne peuvent en prendre toute la responsabilité.»

Une plus grande dépendance
Par la force des drogues, les jeunes deviennent de plus en plus dépendants face à ses substances, selon le directeur général du Centre d’intervention Le Rond-Point. «Le cannabis d’aujourd’hui est plus fort dans sa teneur en THC qu’il ne l’était dans les années 70-80. Il n’est pas rare que l’on voit des problèmes de santé mentale apparaître suite à une surconsommation. L’effet est donc beaucoup plus dommageable. Encore là rien n’indique que ses consommateurs se tourneront automatiquement vers les drogues dures par la suite», précise Jean-François Albert.

Même si plusieurs états américains se sont décidés à légaliser le cannabis, M. Albert considère que de tels modèles ne peuvent s’appliquer au Québec pour l’instant. «Il est trop tôt pour dire si c’est là un bon moyen. On surveille ça de près. Si jamais on en vient à ça, il faut s’assurer d’avoir tous les outils pour répondre à la demande, insiste-t-il. Il y aura toujours de l’abus et de la surconsommation.»

Une approche globale
Pour les intervenants en toxicomanie, il est impossible de tracer un portrait type du consommateur. Cependant, ils s’entendent tous pour adopter la démarche «SIC» soit substance, individu et contexte pour essayer de déterminer la cause d’un problème de consommation, peu importe l’âge de la personne ayant recours à leur service.

Depuis longtemps, les milieux nordiques sont réputés comme étant des endroits où le taux de consommation est plus élevé. «Est-ce le climat? Est-ce générationnel? Il est difficile de mettre le doigt sur une cause précise. Il y a une bonne analyse à faire, soutient-il. On pourrait aussi en conclure que dans les milieux industriels, les gens consomment plus. Les gens éprouvent peut-être une plus grande solitude.»

Informations générales
Le Centre d’intervention Le Rond-Point offre des services de soutien, d’aide, d’accueil et de réinsertion sociale aux personnes souffrant d’un problème de toxicomanie. Des services sont offerts aux proches et des activités de prévention sont tenues en milieu scolaire et en milieu de travail.

Une soupe populaire est aussi accessible sur l’heure du midi en semaine et des déjeuners sont servis de 9h à 10h dans son local du 101, rue Tortellier à Sept-Îles. Pour obtenir plus d’informations sur l’organisme, il est possible de composer le 418 962-7333.

(Photo : Le Nord-Côtier)

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