Perspectives sur l’aluminium : un ralentissement est à prévoir

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Par Jean-Christophe Beaulieu
Perspectives sur l’aluminium : un ralentissement est à prévoir
Steeve Chapados, directeur général de la Caisse Desjardins des Ressources naturelles, laisse entendre qu’une fois le «brouillard» et l’incertitude mondiale dissipée, la décision pour une phase 3 chez Alouette serait viable.

Le prix de la tonne d’aluminium est passé de 3 000$ US à 1 800$ US en dix ans. Et étant donné l’incertitude que font planer les conflits commerciaux des États-Unis avec la Chine, le prix ne devrait pas remonter de sitôt.

La Chine, grande consommatrice d’aluminium, a vu sa croissance économique ralentir au cours des dernières années. Il y a dix ans, c’était l’équivalent d’une ville comme Toronto qui s’y construisait tous les trois mois, explique Steeve Chapados, directeur général de la Caisse Desjardins des Ressources naturelles.

«En termes de construction, ça demandait beaucoup de matériaux et ça stimulait les matières premières comme l’aluminium. Mais la croissance depuis est passée de 12 à 6%, ce qui a fait chuter le prix de la tonne d’aluminium de 3 000 à 1 800$ US», précise-t-il.

Le ralentissement, dû au conflit commercial avec les États-Unis, amène beaucoup d’incertitude au niveau mondial. À moins d’un règlement à ce niveau, une certaine «stagnation» des prix est à prévoir pour les prochaines années.

«La notion d’incertitude et la prise de risque sont normales. Mais les tensions et les conflits géopolitiques actuels amplifient l’incertitude. Ça fait en sorte qu’il y a peut-être plus d’acteurs qui vont mettre des projets sur la glace. Si la tendance se maintient, il devrait y avoir un ralentissement économique dans les prochaines années», estime M. Chapados.

Alouette fait bonne mine

Beaucoup d’alumineries américaines ont fermé leurs portes dans les dernières années, n’ayant pas pu survivre à la baisse du prix du métal. Mais pas d’inquiétudes à avoir en ce qui concerne Aluminerie Alouette, selon Steeve Chapados.

«C’est un gros joueur. En produisant 600 000 tonnes d’aluminium, soit 20% de la production canadienne, il y a des économies liées au volume et donc moins d’impacts que chez les plus petites alumineries américaines. Et avec le virage qui est entrepris vers l’automatisation et la robotisation chez Alouette, l’aluminerie se donne les moyens de passer à travers les prochaines années», croit-il.

Le directeur général de la Caisse laisse d’ailleurs entendre qu’une fois le «brouillard» et l’incertitude mondiale dissipée, la décision pour une phase 3 serait viable.

 

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