ITUM officialise l’achat de la pourvoirie Moisie-Nipissis

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Par Mathieu Morasse
ITUM officialise l’achat de la pourvoirie Moisie-Nipissis
Le camp principal de la pourvoirie, au confluent des rivières Moisie (à gauche) et Nipissis (à droite).

Le Conseil de bande de Uashat mak Mani-Utenam (ITUM) a officiellement signé vendredi pour les documents d’achat de la pourvoirie Moisie-Nipissis, de ses 40 kilomètres de rivière et de ses seize fosses à saumons.

Le coût d’achat d’environ un million de dollars a été défrayé par le gouvernement du Québec à même l’enveloppe de 1,5 M$ prévue à l’entente Québec-Innus conclue au printemps dernier. L’achat de la pourvoirie avait été dévoilé en janvier.

Selon Antoine Grégoire, vice-chef d’ITUM, les Innus continueront à faire affaire avec la clientèle habituelle pendant la saison de mai à juillet.

«Pour le moment, on va respecter toutes les réservations. Pour les places qui ne sont pas encore réservées, on aimerait faire des tirages dans la communauté», assure-t-il.

Une zone réservée à la communauté pourrait être créée dans la partie sud de la pourvoirie, près de la limite du Club Adams.

Usages traditionnels

ITUM souhaite ajouter des activités traditionnelles sur le territoire de sa nouvelle acquisition. Par exemple, de la pêche au harpon, des thérapies de ressourcement et même la tenue de rencontres politiques sont envisagées.

«On fait partie de la Terre depuis des millénaires, on vit de la terre. On veut retourner à nos valeurs et à nos coutumes. On veut aller rechercher ça. On y croit», insiste Antoine Grégoire.

La pourvoirie ajoute un élément touristique et des opportunités d’emplois à la communauté innue, dont aux guides de chasse et pêche et aux agents de protection du territoire actuellement en formation.

«On ne sera peut-être pas des chasseurs comme avant, mais au moins on va vivre de nos terres. On va faire du développement économique propre», se réjouit-il.

«Mais il n’y a pas juste une question d’argent là-dedans. C’est une question de fierté, d’occupation territoriale, et […] de garder nous aussi un genre de patrimoine innu», ajoute le vice-chef.

Première bouchée

Les négociations se poursuivent maintenant entre Québec, Uashat mak Mani-Utenam et Matimekosh-Lac John quant à la gestion de l’ensemble de la rivière. D’autres pourvoiries pourraient aussi être dans la mire des Innus.

«Ça fait des années qu’on essaie de ravoir la rivière. Mais comme je dis souvent, un éléphant, ça se mange une bouchée à la fois. On va aller à notre rythme, mais aussi dans le respect de tous. On va se côtoyer encore longtemps», tempère le vice-chef.

La pourvoirie Moisie-Nipissis comprend 36 km de la rivière Moisie et 4 km de la rivière Nipissis. Elle est située entre le Camp de pêche de la rivière Moisie (Club Adams) et la pourvoirie Moisie-Eau Dorée. Sa limite sud est située aux lignes à haute tension d’Hydro-Québec, environ 17 km au nord-est de Sept-Îles, approximativement au 30e kilomètre de la rivière.

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