Nouveau service sur la Côte-Nord pour accompagner les jeunes de la DPJ

Par Marie-Eve Poulin 7:47 AM - 07 octobre 2022
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Nancy Audet raconte son parcours de vie dans son premier roman dans lequel il est question de résilience, de résistance et de pardon. Photo courtoisie

C’est sous peu que verra le jour le programme de jumelage Les grands amis et les grands frères grandes sœurs (AGFGSQ) dans la région de la Côte-Nord. La recherche de bénévoles est lancée et les ententes avec la direction de la protection de la jeunesse (DPJ) sont en cours pour finaliser le tout.

Suite à la Commission Laurent, une étude recommandait de favoriser un meilleur passage vers la vie adulte et de mettre en place un programme de soutien post-placement jusqu’à l’âge de 25 ans, pour les jeunes en transition vers l’autonomie. Le programme de mentorat de l’AGFGSQ a donc vu le jour afin que les jeunes de 16 à 21 ans puissent se développer à leur plein potentiel. En 2021, plus de 1600 jeunes Québécois ont bénéficié de ce programme.

Milaine Guay, chargée de projet provincial, explique que le programme Mentorat 16/21 vise prioritairement les jeunes Québécois âgés de 16 à 21 ans ayant un historique de placement dans un centre de réadaptation, en foyer de groupe, en famille d’accueil, ou dont le milieu de vie n’offre pas la possibilité d’avoir un lien avec un adulte significatif qui pourrait agir de modèle positif. Une référence d’un intervenant de la DPJ peut aussi permettre aux jeunes suivis dans le cadre de la Loi protection de la jeunesse (LPJ) ou de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents (LSJPA) vivant dans leur milieu biologique de bénéficier du projet.

Les bénévoles agissent à titre de personnes significatives auprès des jeunes. Ils tissent des liens qui permettent l’acquisition de compétences émotionnelles et sociales. Cela améliore aussi plusieurs aspects de leur développement, leur santé mentale et a un impact positif qui viendra accroître leur implication scolaire et sociale.

Le CISSS affirme que la protection de la jeunesse est favorable à l’implantation du Mentorat 16/21 et que des démarches sont en cours pour développer le projet sur la Côte-Nord. Présentement, le projet qualification des jeunes (PQJ) est mis en place par la DPJ. Ce service viendra donc s’ajouter pour accompagner les jeunes à la vie adulte.

Devenir Grand Frère ou Grande Soeur

Pour accompagner des jeunes, vous devez d’abord remplir une demande via le site web de l’association en cliquant sur l’onglet «devenir bénévole». Une vérification de vos antécédents criminels et références sera effectuée. Vous devrez ensuite participer à une entrevue individuelle et une évaluation de l’environnement du domicile sera réalisée. Une formation d’orientation et une formation sur la sécurité de l’enfant seront offertes.

Une fois ces démarches complétées, vous serez avisé de l’acception ou du refus de votre candidature.
« Pour le Mentorat 16|21, les bénévoles recherchés sont des gens de 25 ans et plus, qui n’ont pas de dossier criminel, qui ont de la patience et qui ont envie de passer du temps et s’investir auprès d’un jeune de cette tranche d’âge environ deux à trois heures par deux semaines », précise Milaine Guay.

« Une main tendue peut changer la vie d’un enfant » – Nancy Audet

Nancy Audet, journaliste, a travaillé 17 ans dans la salle de nouvelles avant d’amorcer un nouveau virage. Son parcours de vie en tant qu’enfant de la DPJ, l’a guidé vers une autre mission qui lui tenait à cœur, celle de sensibiliser les gens à la réalité des enfants de la DPJ.

En plus d’être marraine de la Fondation des jeunes de la DPJ, elle agit maintenant à titre de porte-parole pour le programme de Mentorat 16/21. C’est avec enthousiasme qu’elle voit l’arrivée de ce projet dans la région.

Selon elle, accompagner un jeune permet d’augmenter leur estime de soi, leur confiance et de leur faire comprendre qu’ils ont une place importante dans la vie de quelqu’un « et ça, c’est important et ça change tellement de choses ».

« C’est une belle opportunité de changer peut-être même la trajectoire d’un jeune. On sous-estime souvent l’impact qu’on peut avoir dans la vie d’un adolescent, mais ça peut être vraiment majeur », dit-elle.

« Ça ne veut pas dire de passer 20 h par semaine avec le jeune, ce n’est pas ça être un adulte significatif. C’est faire une activité une, ou deux fois par deux semaines, un coup de fil de temps en temps. Pour le jeune, de savoir que cet adulte-là existe dans sa vie, c’est très rassurant », ajoute-t-elle.

Pour démontrer l’ampleur de la situation, Mme Audet y va de quelques statistiques.

« Il y a environ 2000 jeunes par année qui quittent le système de la DPJ et plus du tiers de ceux-ci se retrouvent à la rue en situation d’itinérance », dit-elle.

Elle-même grande sœur, elle souhaite que les gens mettent la main à la pâte pour renverser la vapeur en s’impliquant auprès des jeunes, pour faire la différence.

Mme Audet ajoute que cette expérience est aussi bénéfique pour l’adolescent que pour l’adulte et que tout le monde grandit dans ces histoires d’accompagnement.

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