Québec ne financera pas l’opération des traverses privées

Par Johannie Gaudreault 2:32 PM - 01 décembre 2021
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Le député Martin Ouellet s’est dit stupéfait de la réponse fournie par le ministre des Transports, François Bonnardel, sur le financement des traverses privées par le gouvernement. Photo : Archives

Tel que mentionné dans les pages du Journal Haute-Côte-Nord le 27 octobre, le gouvernement du Québec ne financera pas les traverses privées Rimouski-Forestville et Les Escoumins-Trois-Pistoles. Le ministre des Transports, François Bonnardel, a confirmé ses intentions par écrit au député de Rimouski, Harold Lebel.

Ce dernier lui avait adressé une question à savoir s’il entendait donner suite à la vaste étude initiée en 2019 et commandée à la Société des traversiers du Québec (STQ), dont les conclusions ont été dévoilées cet automne. Le ministre a répondu que le gouvernement n’avait pas l’intention d’élargir le réseau actuel de la STQ, ni d’absorber ou de financer l’opération des traverses privées.

Pour le député de René-Lévesque, Martin Ouellet, cette réponse ne passe pas. Il se dit « stupéfait de la décision du MTQ concernant les enjeux de mobilité interrives entre la Côte-Nord et le Bas-St-Laurent ». Selon lui, la décision du gouvernement de la CAQ de ne pas soutenir financièrement les armateurs privés pour pérenniser leurs opérations fragilise davantage l’offre de transport interrives.

« Malheureusement, en l’absence d’aide gouvernementale pour les traverses de Rimouski/Forestville et Trois-Pistoles/Les Escoumins, celles-ci se retrouvent de plus en plus précaires. Pourtant, les services de transport qu’elles offrent répondent à des besoins concrets pour tout l’Est-du-Québec », mentionne d’abord le député péquiste.

Avec cette décision, M. Ouellet comprend donc que le ministre Bonnardel a rejeté tous les scénarios suggérés dans l’étude de marché qu’il avait demandé à la Société des traversiers du Québec.

Rappelons qu’en février 2019, lors de la visite du ministre des Transports, les maires, les représentants du milieu touristique ainsi que la Chambre de commerce de Manicouagan avaient tous souligné l’importance des différents services de traversiers.

« Le ministre ne semble pas avoir considéré les doléances de la région pour planifier un réseau de traverses, qui seraient complémentaires les unes aux autres, mais aussi optimal dans son ensemble, surtout lorsque que l’offre de la STQ est diminuée », conclut Martin Ouellet.

Aide financière

Toutefois, le gouvernement provincial a annoncé la mise en place du Programme d’investissement en infrastructures maritimes pour aider à payer les factures des propriétaires de traverses privées en termes de travaux de mise à niveau et d’amélioration effectués sur les navires. Ce programme permet le remboursement d’un maximum de 75 % des dépenses reliés aux travaux jusqu’à concurrence de 1 M$.

Notons que les pertes financières engendrées au cours des dernières années, notamment en raison de la COVID-19, a fait reculer Hilaire Journault, propriétaire du CNM Évolution, reliant Forestville et Rimouski, quant à l’opération du traversier lors de la saison 2021. Celui-ci n’a effectué aucune traversée, mais la mairesse de Forestville, Micheline Anctil avait assuré travailler sur une solution pour pérenniser le service.

Contactée à la suite de la confirmation de la décision du gouvernement du Québec sur le financement de l’opération des traverses privées, Micheline Anctil affirme être déçue.

« Notre première réaction en est une de déception, mais nous poursuivons nos démarches avec le même objectif de retour du service de traversier en 2022 », dévoile-t-elle au Journal Haute-Côte-Nord.

La mairesse de Forestville divulgue avoir demandé que « l’ensemble des traverses, grandes et intermédiaires, soit considéré dans un plan global de liens interrives ».

« Nous considérons que la traverse Forestville-Rimouski est complémentaire aux traverses de Baie-Comeau/Matane ou de St-Siméon/Rivière-du-Loup », poursuit-elle.

Selon Mme Anctil, les traverses de la Haute-Côte-Nord « répondent aux besoins des citoyens de l’Est-du-Québec et sont essentielles aux activités économiques, touristiques, main d’œuvre et autres de nos milieux ».

L’élue ne baisse toutefois pas les bras et continue sa recherche de solutions avec les autres instances touchées par cette décision.

« Avec Rimouski, nous poursuivons notre travail vers d’autres options et nous reviendrons vers le ministère des Transports pour continuer à travailler ensemble », conclut la préfète.

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