La quête de liberté a amené les premières familles en Minganie

Par Emy-Jane Déry 11:05 AM - 27 mai 2021
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Maison de Vital Vigneau (le père de Placide Vigneau) à la Pointe-aux-Esquimaux, en 1868. Photo Récits de naufrages

Nous sommes en 1858. Sur la Côte-Nord, il n’y a pas de routes carrossables, de systèmes d’écoles, ni de corporations municipales. Tous vivent au rythme des aléas et des caprices du fleuve, seule porte d’entrée possible de la région. Le quotidien est difficile pour les familles de pêcheurs venues s’établir dans « ce pays neuf », mais elles sont empreintes d’une richesse inestimable : elles sont libres.

D’emblée, Jean-René Thuot, professeur d’histoire au Département des lettres et humanité de l’UQAR, décrit les résidents de la Minganie de l’époque comme étant des populations « audacieuses ».

« Ce n’est pas fait pour tout le monde, c’est un rythme de vie dangereux, plus aléatoire », dit-il. Ces familles courageuses étaient souvent motivées de s’installer dans ce bout du monde pour échapper au contrôle des grandes compagnies de pêche.

Placide Vigneau et sa famille en font partie. Ils quittent les Îles-de-la-Madeleine et viennent s’installer à Pointe-aux-Esquimaux (qui deviendra Havre-Saint-Pierre) en 1858.

« Ce sont des pêcheurs, libres, autonomes, qui négocient avec différentes compagnies pour faire leurs frais et survivre, mais ils ne sont pas assujettis à leurs joutes comme peuvent l’être un certain nombre de Gaspésiens », explique-t-il.

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