Portrait de femme : Évelyne Lalancette, de l’enseignement à l’entrepreneuriat

Par Laurence Dupin 8:00 AM - 08 mars 2021
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Évelyne Lalancette.

Évelyne Lalancette est l’exemple même de la femme entrepreneur. On lui doit notamment les boutiques Le renard bleu à Port-Cartier et à Sept-Îles. Et elle ne compte pas s’arrêter là.

Évelyne Lalancette est née à Chicoutimi et a grandi à Matane. Elle est arrivée à Sept-Îles en 2011 comme enseignante. «À l’époque, il y avait un programme de chasseurs de têtes qui nous faisait venir pour découvrir la région et nous repartions avec une promesse d’emploi en poche. Une sorte de Grande séduction. J’ai donc déménagé sur la Côte-Nord avec mon conjoint.»

Un accident et un burn-out plus tard, en 2017, elle se décide à abandonner sa carrière d’enseignante. «Je n’ai plus la couenne assez solide. L’enseignement est un métier très difficile. J’ai donc décidé de me recycler.»

En novembre 2017, elle ouvre donc la première boutique Le renard bleu à Port-Cartier puis celle de Sept-Îles en 2018. «Nous nous sommes associés à d’autres actionnaires pour nous développer», précise-t-elle. En 2019, la boutique de Sept-Îles emménage dans ses locaux actuels sur le boulevard Laure. En 2020, c’est la bonbonnerie Le chapeau de Troll qui ouvre ses portes dans les anciens locaux du Renard bleu.

Le choix d’ouvrir des boutiques écoresponsables n’est pas un hasard. «J’ai beaucoup d’allergies et d’intolérances. J’avais du mal à trouver des produits, je me suis donc orientée vers une boutique proposant des produits bios et des produits locaux.» Elle y intègre aussi les produits de sa savonnerie, Les savons Éve, basés à Port-Cartier.

Avant la pandémie, elle intervenait aussi régulièrement dans les écoles et à la boutique pour donner des conférences comme Tendre vers le zéro déchet.

Mais ce parcours n’a pas été de tout repos. En effet, en tant que femme, elle a dû et doit encore faire face à de la discrimination, à des préjugés. «Lorsque je présentais mon projet de boutique, on m’a dit que mon projet était cute. On m’a demandé si mon chum m’accompagnait… C’est lui qui va dans les institutions financières, car on ne m’offre pas la même qualité de services même si aujourd’hui ça s’est un peu amélioré. Ce sont souvent des commentaires gênants.» Pour elle, les femmes d’affaires ont ainsi des défis supplémentaires à relever. Surtout que selon différentes études, leur pérennité en affaires est moindre que leurs collègues masculins.

Évelyne Lalancette ne compte pas s’arrêter là. Des projets d’expansion pour la Côte-Nord sont dans les tuyaux. «De plus, je viens d’être sélectionnée pour être juge nationale pour Oser entreprendre. J’en suis très fière.»

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