Grève annoncée des services de garde en milieu familial

Par Charlotte Paquet 9:36 AM - 01 septembre 2020
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Présidente de l’ADIM Côte-Nord, Sylvie Boisclair affirme qu’il est minuit moins une pour éviter la grève.

Septembre ne s’annonce pas de tout repos pour bien des parents puisque l’ADIM Côte-Nord, affiliée à la Fédération des intervenants en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ), observera une journée de grève le 15 du mois, suivie d’une grève générale illimitée à compter du 21 si aucune entente n’est conclue d’ici là.

C’est l’impasse à la table de négociation des services éducatifs en milieu familial régi et subventionné. Selon la présidente de l’Alliance des intervenantes en milieu familial (ADIM) Côte-Nord, Sylvie Boisclair, il est minuit moins une pour parvenir à une entente. « Nous n’avons plus rien à perdre et les parents doivent se préparer à un arrêt de service qui pourrait se prolonger », avertit-elle.

Le cœur du litige se situe au chapitre de la rémunération des responsables des services en milieu familial (RSE). Elles gagnent présentement l’équivalent de 12,42 $/h alors que l’offre finale et globale du ministère de la Famille représente l’équivalent de 12,83 $/h. Leur fédération réclame un salaire équivalent à 16,75 $/h.

Selon Mme Boisclair, les membres du regroupement sont épuisées et à bout de souffle par le manque de reconnaissance et quittent la profession par centaines.

« Malheureusement, les députés de la CAQ ont fait le choix de prendre les parents en otage. En raison des piètres conditions de travail, ils privent chaque année les parents de la région d’environ 454 places à 8,35 $/jour en raison du manque de main-d’œuvre. Depuis l’arrivée de la CAQ au pouvoir, le nombre de places occupées à contribution réduite a régressé. »

Rappelons qu’au Québec, la FIPEQ représente 10 000 membres qui, à tour de rôle et par région, ont amorcé une série de grèves tournantes le 1er septembre. Ce mouvement doit culminer jusqu’à la grève générale illimitée.

Une main tendue

Le recours à ce moyen de pression était initialement prévu pour le 1er avril, mais la pandémie en avait entraîné la suspension. Par le fait même, une main avait été tendue au gouvernement pour régler la négociation, mais ce fut en vain, rappelle la FIPEQ. « Malgré ces gestes de bonne foi, aucun progrès n’a été effectué », indique-t-elle dans un communiqué.

Outre la rémunération, d’autres éléments importants sont en discussion, notamment le soutien offert aux enfants à besoins particuliers et l’ajout de journées pédagogiques pour répondre à de nouvelles exigences.

Mme Boisclair affirme que la balle est dans le camp du gouvernement et que les représentantes de la FIPEQ sont prêtes à s’asseoir à la table de négociation jour et nuit s’il le faut.

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