Louis-Jean Cormier rend hommage à son père Marcel

Par Éric Martin 5:08 PM - 04 février 2020
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Animé par de fortes valeurs chrétiennes, Marcel Cormier a réussi à transmettre de belles valeurs à ses trois enfants. Deux d’entre eux, Louis-Jean et Benoît, font carrière en musique. Photo courtoisie

Le 27 janvier dernier, l’auteur-compositeur-interprète, Louis Jean Cormier, a appris avec stupéfaction le décès de son père, Marcel Cormier, quatorze heures seulement après son hospitalisation. Un homme qu’il admirait pour sa droiture et qui a toujours su le soutenir dans sa carrière musicale. Au cours des dernières années, leur intérêt commun pour le golf les avait rapprochés. Un lien d’amitié s’était créé.

Même s’il s’attendait à devoir enterrer un jour ou l’autre son père, en raison de leur différence d’âge, Louis-Jean Cormier était loin de se douter qu’il ne pourrait pas faire ses adieux à son père. « Tout ça nous a pris par surprise. Son état de santé était bon malgré le fait que sa mémoire immédiate faisait défaut », souligne-t-il.

Un fort entêtement

Habité par de fortes valeurs chrétiennes, en raison du fait qu’il était un ancien prêtre et qu’il était toujours impliqué dans le presbytère de l’église Marie-Immaculée, Marcel Cormier s’est toujours fait un devoir de soutenir la carrière de son fils cadet. En aucun cas, il n’a tenté de convaincre Louis-Jean de choisir un autre métier.

« Il était quelqu’un de très progressiste. Il disait des choses que ses collègues de l’Église Catholique n’auraient pas osé dire. Il était conscient que la religion est une source importante de conflit dans le monde.

Marcel savait laisser à ses enfants une très grande liberté. Il leur faisait tout simplement confiance. Il était assez ouvert, mais il parlait peu. Il était très charismatique. Il était un gars de culture, très éduqué. Quand je me suis séparé de la mère de mes enfants, il ne m’a jamais fait la morale. Il a simplement respecté la situation. Avec lui, tout se faisait dans le bonheur », lance-t-il.

Aujourd’hui, ce positivisme demeure un trait de personnalité important que son père lui a transmis. Ensemble, ils partageaient un amour des mots. Il tient également de lui son aisance à communiquer. « Mes parents m’ont donné de bons mots pour m’exprimer. Je ne suis pas quelqu’un qui cherche ses mots. Ça vient d’eux. C’était naturel. »

Même s’ils étaient déjà complices, le golf a contribué à faire en sorte que Louis-Jean et Marcel deviennent amis. « Quand tu es dans le silence à marcher sur un terrain et à parler, ça m’a donné une vision différente de Marcel. Nos rapports sont alors devenus plus amicaux. Il demeurait tout de même mon père. Je pouvais me permettre de gratter dans des zones très sensibles. Nos conversations duraient souvent moins de trois minutes. On parlait de tout. J’ai longtemps souffert de ne pas avoir d’activités avec lui », affirme l’auteur-compositeur.

Grand admirateur de son fils, Marcel collectionnait tous les articles de journaux faits sur son fils. Il était fier de le voir en spectacle, à la télé. Il était amoureux du chant choral et de la musique classique. « Quand on l’entendait parler, il était difficile de croire qu’il venait de Havre-Saint-Pierre. Il n’en avait pas l’accent. De plus, il était un érudit. De mon côté, je me suis découvert une plume en partie grâce à lui. J’ai su rapidement trouvé ma voie. »

Louis-Jean Cormier se souvient très bien des cadeaux que son père sculptait pour lui et son frère. « Mon père se couchait souvent très tard pour tailler de quoi dans le bois, précise-t-il. Il travaillait pourtant tôt le lendemain. Il fallait toujours qu’il termine ce qu’il avait entrepris. Il n’était pas si manuel, mais j’ai tout de même passé plusieurs heures en sa compagnie dans l’établi.  Aujourd’hui, ce sont les souvenirs que je considère les plus précieux.»

 

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