Basse-Côte-Nord : des élèves vont à l’école en dameuse

Par Emy-Jane Déry 12:00 AM - 28 mars 2018
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Une douzaine d’enfants d’un village de la Basse-Côte-Nord  doivent aller à l’école en dameuse parce que la route pour s’y rendre n’est pas déneigée en hiver.

Le village de Baie-des-Moutons en Basse-Côte-Nord compte 200 habitants, dont cette douzaine d’élèves du primaire et du secondaire. Depuis quelques années, ils doivent aller à l’école à La Tabatière où ils rejoignent une cinquantaine d’autres élèves.

En hiver, la parcelle de la route 138 de 10,5 km qui sépare les deux localités n’est pas déneigée et devient la «route blanche». Celle-ci est accessible seulement en motoneige. Les parents devaient assurer eux-mêmes le transport de leurs enfants jusqu’à l’école avec leur motoneige personnelle.

Dans les dernières semaines, la dameuse est entrée en fonction après plusieurs mois de discussions entre la municipalité, les parents, la commission scolaire et le ministère des Transports qui peinaient à s’entendre sur une solution sécuritaire pour transporter les enfants.

La dameuse de marque «Trooper» est équipée d’une petite affiche jaune sur laquelle est inscrite «écolier». Un petit escalier mobile en bois a été construit pour faciliter l’accès à bord des enfants. Le chauffeur est dans une cabine séparée à l’avant. À l’arrière, on compte 10 places. Durant le transport, les enfants peuvent communiquer avec le conducteur grâce à un système téléphonique.

Maux de coeur

Or, la route n’est pas de tout repos et l’instabilité provoque le mal des transports à certains des enfants.

«Tous les enfants se sont plaints de ça. Il y en a quelques-uns qui ne peuvent simplement plus l’utiliser parce qu’ils étaient malades systématiquement», a dit Cindy Mansbridge, résidente de Baie-des-Moutons et maman de deux enfants qui utilisent la dameuse.

Son plus jeune à 4 ans et n’a pas les mêmes horaires d’école que l’aînée de la famille âgée de 13 ans. Avant l’arrivée de la dameuse, la situation était un vrai casse-tête pour la mère qui occupe un emploi à temps plein.

Le préfet de la Basse-Côte-Nord, Randy Jones, a entretenu la route blanche pendant une quinzaine d’années comme entrepreneur. C’est lui qui a proposé la dameuse comme solution aux divers intervenants dans le dossier.

«Le déneigement de la dizaine de kilomètres coûterait à lui seul environ 500 000$», estime-t-il.

La location de la dameuse coûterait actuellement entre 8 000$ et 9 000$ par mois. La solution est à l’essai pour le reste de la saison.

«J’imagine que c’est la meilleure solution que nous allons avoir jusqu’à ce qu’ils [la commission scolaire] décident de ramener les classes à Baie-des-Moutons», a conclu Mme Mansbridge.

 

 

 

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