Une chatte atteinte par un plomb à Port-Cartier

Par Éditions Nordiques 12:00 AM - 18 octobre 2017
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Tania Landry et sa chatte Gaya.

La Portcartoise Tania Landry a eu la surprise d’apprendre que sa chatte Gaya a été atteinte à la colonne vertébrale par une carabine à plomb, le 2 octobre. La jeune femme dénonce le manque de civisme que semblent avoir certains citoyens envers les animaux domestiques.

Le 2 octobre dernier, dans la soirée, Gaya demande la porte contrairement à son habitude. «Elle était sur la marche d’entrée. Pourtant, ça ne faisait pas longtemps qu’elle était sortie», raconte Tania Landry. Son conjoint aperçoit alors la chatte se «traînant avec ses pattes d’en avant». Malgré tout, le petit animal n’est pas agressif, même si un chat a normalement ce comportement lorsqu’il ressent de la douleur.

Embêté sur la condition de leur animal domestique, le couple décide d’entendre que Gaya se rétablisse. Voyant le lendemain matin que sa situation s’est aggravée, Mme Landry prend un rendez-vous d’urgence à la clinique vétérinaire de Sept-Îles.

«Je pensais qu’elle s’était fait frapper par une voiture. C’est ce que la vétérinaire a aussi douté sur le coup.» La radiographie révèle cependant qu’un plomb papillon s’est logé sous la peau, dans la colonne vertébrale. La blessure n’a pas causé de saignement malgré sa gravité. Le plomb a paralysé temporairement les pattes de derrière de Gaya. «Je n’ai jamais pensé qu’elle ait pu avoir été tirée par une carabine à plomb», s’étonne la Portcartoise.

Article 445 (1) du Code criminel :

Commet une infraction quiconque volontairement et sans excuse légitime, selon le cas : tue, mutile, blesse, empoisonne ou estropie des chiens, oiseaux ou animaux qui ne sont pas des bestiaux et qui sont gardés pour une fin légitime.

Article 26 du Règlement concernant la paix, le bon ordre et la sécurité publique de Port-Cartier :

Le tir au fusil, au pistolet à l’arc, à l’arbalète ou autre arme à feu ou à air comprimé ou tout autre système de tir, est interdit à une distance moindre de 1,5 kilomètre de toute habitation ou résidence.

«Ça fait deux fois qu’on la sauve!»

Plus troublant encore, la radiographie révèle également un plomb logé dans la tête, entre les deux yeux, de la chatte. Selon la vétérinaire, cette blessure par balle n’était pas récente, affirme Tania Landry. «On a trouvé la chatte dans notre cour en avril 2013. Elle traînait là, errante. Elle avait cinq semaines environ. Quand on l’a stérilisé, le vétérinaire avait trouvé un plomb dans sa cuisse», raconte la jeune femme.

«Ce qu’on pense, c’est qu’elle a eu ces plombs-là avant qu’on la trouve. Ça fait deux fois qu’on la sauve! Je peux comprendre que certaines personnes peuvent ne pas aimer les chats, mais ce n’est pas une raison de tirer dessus», dénonce Tania Landry.

Un cas isolé, selon la SQ

Elle a déposé une plainte à la Sûreté du Québec peu de temps après. Le corps policier confirme avoir reçu l’appel de la citoyenne. «Pour l’instant, pas de suspect en vue. Pour ce qui est du nombre de plaintes en rapport avec la cruauté envers les animaux. C’est un cas isolé. Il n’y a pas de problématique dans les cas de cruauté envers les animaux dans le secteur de Port-Cartier», affirme le porte-parole de la SQ, Jean Tremblay. De son côté, la SPCA de Duplessis n’était pas au courant de ce cas.

Tania Landry a dû signer une décharge, puisque la chatte risquait de ne pas survivre à l’opération pour enlever le

plomb. Elle a déboursé près de 600$ pour l’intervention, un coût qui aurait pu être plus élevé en réalité, estime la Portcartoise. «La clinique a coupé le prix au maximum. L’opération s’est bien déroulée. Sérieusement, chapeau.»

La chatte a été opérée pour qu’on lui retire le plomb. (Photo: Courtoisie)

Gaya reprend, depuis, un peu de sa mobilité. Elle ne retrouvera probablement pas complètement ses capacités, mais la chatte pourra retourner dehors en compagnie des trois autres minous du couple lorsqu’elle sera rétablie.

L’incident rappelle l’histoire d’André Ouellet et de Madeleine Robin. Leur chatte Maya est décédée après avoir été atteinte par une arme à feu dans le secteur des Plages de Sept-Îles en juillet 2016. Maya a cependant été la cible d’une arme devant être entreposée et non d’une carabine à plomb, avait alors expliqué l’ancien policier.

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