Industrie du fer : Que réserve l’avenir pour Cliffs?

Par Fanny Lévesque 12:00 AM - 11 février 2014
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Les installations de la Société ferroviaire et portuaire de Pointe-Noire.

C’est ce vendredi que le nouveau président et chef des opérations de Cliffs Natural Resources doit présenter les résultats financiers du quatrième trimestre de 2013 ainsi que sa vision pour l’avenir de l’entreprise. Pour l’heure, impossible d’en savoir plus. L’incertitude plane toujours du côté de la mine Scully à Wabush alors que les négociations du prochain contrat de travail, qui vient à échéance à la fin février, ne sont toujours pas entamées. De plus, Casablanca Capital vient d’acquérir 5,2% des actions de la société américaine.

Les quelque 1400 travailleurs de Cliffs Est-du-Canada devraient en apprendre davantage sur les orientations que leur employeur prendra en 2014, d’ici deux jours. À la tête de la société depuis novembre 2013, Gary B. Halverson a scruté à la loupe les activités de l’entreprise. «Il est normal qu’un nouveau président prenne le temps de faire le tour des sites et des actifs de l’entreprise», a commenté la porte-parole de la société, Arlène Beaudin. «On devrait en savoir plus le 14, à propos des orientations et des stratégies à venir», a-t-elle ajouté.

Quoi qu’il en soit, les spéculations vont bon train en ce qui a trait à l’avenir des installations de Cliffs dans l’Est-du-Canada. À la fin janvier, on apprenait que la New-Yorkaise Casablanca Capital avait acquis pour 200 millions $, 5,2% des actions de Cliffs. Le nouvel investisseur a fait savoir qu’il jugeait que la minière était sous-évaluée et sous-performante. Se référant à l’indice Standard & Poors, Casablanca explique que Cliffs aurait perdu 80% de sa valeur depuis 2011. C’est d’ailleurs cette même année que Cliffs a allongé 4,9 milliards $ pour l’acquisition de Consolidated Thompson et sa mine du lac Bloom.

Casablanca Capital demanderait aussi au géant Cliffs de créer une distinction entre ses actifs internationaux et ceux de l’Est-du-Canada.

Incertitude à Scully
Toujours dans l’Est-du-Canada, le sort de la mine Scully à Wabush est encore incertain. Il faut rappeler qu’en novembre 2013, Cliffs se donnait 90 jours pour rétablir la viabilité de la mine. «Je pense que la mine a fait ses preuves et que les objectifs ont été atteints», a affirmé le représentant syndical des Métallos, Euclide Haché, sans pour autant connaitre les détails de la suite.

Par ailleurs, les négociations de la convention collective des quelque 400 travailleurs syndiqués de Scully ne sont toujours pas débutées, à trois semaines de l’échéance du contrat de travail. De récentes rencontres entre la partie patronale et syndicale ont d’ailleurs été reportées. «On n’en sait pas plus que ça pour l’instant», a avancé M. Haché.

Selon le permanent syndical des Métallos à Sept-Îles, Gilles Ayotte, les négociations ont historiquement commencé plus tôt. «Ce n’est pas nécessairement bon signe», explique-t-il. «Mais, ce n’est pas un gros scoop, il y a des rumeurs de fermeture à Scully depuis 25 ans», rassure le représentant.

Pour sa part, la minière confirme que les parties sont à l’étape de «travail préparatoire», mais qu’elle ne commentera pas les négociations.

Année difficile
L’année 2013 a apporté son lot de mauvaises nouvelles chez Cliffs notamment avec la fermeture en juin, de son usine de bouletage et le déversement de 450 000 litres de mazout lourd à ses installations de Pointe-Noire, en septembre. Selon les dernières estimations, l’opération nettoyage avait coûté 18 millions $ à l’entreprise.

De plus, Cliffs Natural Resources et le Port de Sept-Îles se disputent toujours devant les tribunaux. Cliffs accuse le Port de tarder volontairement à lui donner les autorisations nécessaires à ses travaux d’optimisation de ses installations portuaires parce que les deux parties n’arriveraient pas à s’entendre pour la vente de terrains appartenant à la minière. Ces terrains compromettent d’ailleurs l’accès des futurs utilisateurs du quai multiusager à l’infrastructure, qui doit être livrée ce printemps. Dans ce dossier, ni le Port, ni la minière ne souhaitent commenter.

Les installations de Cliffs Natural Resources à Pointe-Noire. (Photo : courtoisie – Cliffs)

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