Déversement : Les environnementalistes sonnent l’alarme

Par Fanny Lévesque 12:00 AM - 11 septembre 2013
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Selon plusieurs environnementalistes, le déversement de 5000 litres de mazout lourd dans la baie de Sept-Îles aura des impacts irréparables sur l’environnement. Selon eux, le ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs (MDDEFP) a minimisé les conséquences de l’incident, tant sur la faune que la flore.

Le porte-parole de la Société pour vaincre la pollution, qui a sorti en mer dimanche, a constaté plusieurs algues contaminées et des amoncellements de mazout sur les berges des îles. «Il y a visiblement un manque d’expertise, a dénoncé Jacques Gélineau. Je pense que les premières 48 heures ont été jouées en amateurs, les méthodes d’intervention n’étaient pas adaptées à la baie. Il y aurait dû avoir des doubles estacades dès le départ.» Il faut rappeler que des estacades ont cédé mardi, en raison de forts vents.

Jacques Gélineau va plus loin en comparant le travail des autorités à celui d’éboueurs. «Ils ont intercepté seulement la partie huileuse, qui est plus impressionnante, mais moins dommageable, alors que de gros morceaux de mazout ont pu passer les estacades», lance-t-il. «La contamination est plus importante que ce qu’on laisse croire.»

La baie au cœur des débats
D’autres groupes ont ramené la protection de la baie, où se trouvent plusieurs industries, au cœur des débats questionnant entre autres sa capacité à accueillir d’autres joueurs. Le projet de Mine Arnaud, qui prévoit l’implantation d’une mine d’apatite, a rapidement refait surface.

La coalition Québec meilleure mine et le Regroupement pour la sauvegarde de la grande baie de Sept-Îles ont d’ailleurs remis en lumière le manque d’informations à propos des risques associés à l’exploitation d’apatite sur l’environnement. «C’est complètement inacceptable qu’aucune étude d’impact n’ait été réalisée à ce jour concernant les risques du projet Mine Arnaud pour la baie de Sept-Îles, a soulevé la porte-parole du regroupement, Louise Gagnon. Le déversement de Cliffs révèle pourtant que de tels impacts peuvent être considérables.»

Hydrocarbures
Le groupe Non à une marée noire dans le Saint-Laurent déplore pour sa part l’ampleur de l’incident et revendique une fois de plus, l’adoption par Québec d’un moratoire sur l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures. L’organisme milite aussi en faveur de la tenue d’un Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) générique sur le sujet.

(Photo: courtoisie MDDEFP)

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