L’AQRP dénote des lacunes dans les CHSLD de la Côte-Nord

Par Éditions Nordiques 12:00 AM - 06 août 2013
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L’Association québécoise des retraités des secteurs public et parapublic (AQRP) a étudié les rapports d’appréciation des centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD), qui ont été visités partout au Québec depuis le début de l’année. Un total de 32 CHSLD a retenu l’attention de l’Association, dont les établissements du CSSS de Sept-Îles et de celui de la Minganie.

L’Association reproche qu’elle dénonce des lacunes depuis des années et qu’il n’y a pas de correctifs apportés. «On remarque quand même une certaine préoccupation du ministère de la Santé et qu’il fait des visites plus régulièrement», indique le porte-parole de l’AQRP sur la Côte-Nord, Martin Bérubé. L’Association reconnaît toutefois la compétence du personnel. «Il y a beaucoup de gens dévoués qui font de leur mieux, mais on se questionne quand même sur la façon dont ces centres sont gérés.» L’AQRP est aussi consciente qu’il faut, de nos jours, faire plus avec moins d’argent. Néanmoins, elle considère que ce n’est pas normal que les mêmes lacunes reviennent d’année en année.

CSSS Sept-Îles
Une représentante du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) était présente au CSSS de Sept-Îles, les 28 et 29 mai derniers. Le rapport de visite de l’établissement compte 19 recommandations. «En 2004, lors de la dernière visite, il y en avait 30», tient à préciser la directrice des soins infirmiers, Marlène Berthelot.

Les résidences Gustave-Gauvreau et Urgel-Pelletier ont été visitées. L’évaluatrice a notamment remarqué que les contentions physiques ne sont pas utilisées en dernier recours. Le rapport cite en exemple les situations où il y a des demi-portes comme mesure d’isolement pour certains résidents. Concernant l’isolement, l’évaluatrice a aussi noté que certains membres du personnel ne respectent pas toujours suffisamment l’intimité du résident. Ils ne s’annoncent pas avant d’entrer dans la chambre et ils ne ferment pas la porte ou le rideau lorsqu’ils prodiguent des soins.

Certains membres du personnel placent les renseignements privés à des endroits trop visibles dans les chambres, la salle à manger et les murs des unités de vie. Finalement, le rapport mentionne des stimuli auditifs qui ne sont pas contrôlés et qui peuvent nuire à la quiétude des clients.

Selon Mme Berthelot, l’environnement actuel de la résidence Urgel-Pelletier vient contrer une approche du milieu de vie. «Ce dernier nous donne des impossibilités de répondre à 100% à ce qui est attendu. Quatre usagers qui demeurent dans une même chambre, on n’appelle pas ça un milieu de vie!» Mme Berthelot souhaite que l’agrandissement de Gustave-Gauvreau qui devrait être prêt en 2018 réponde aux objectifs. Rappelons que les résidents d’Urgel-Pelletier seront déménagés à cet endroit. Lors de son passage à Sept-Îles en mai dernier, la première ministre Pauline Marois avait déclaré qu’il y aurait une amélioration marquée de la qualité de vie des résidents.

Parmi les points positifs, notons le choix de trois menus différents à chaque jour, les repas qui sont servis chauds et apportés directement aux patients. Le personnel répond adéquatement aux besoins d’hygiène et d’habillement. L’autonomie physique des résidents est favorisée le plus possible. «Je voudrais que l’on reconnaisse les efforts des employés dans toute cette démarche-là. Le plan d’action se fait avec eux et il faut aussi identifier les points forts», a conclu Mme Berthelot.

CSSS de la Minganie
Le foyer de Havre-Saint-Pierre a été visité le 31 mai. Le rapport contient 11 recommandations. L’évaluatrice a remarqué que les soins infirmiers ne sont pas disponibles en tout temps (7 jours sur 7). Il n’y a pas toujours une infirmière sur place durant la journée. La rotation des infirmières auxiliaires et des préposées aux bénéficiaires est trop fréquente, pour les trois quarts de travail.

La directrice du CSSS, Danièle Limoges répond qu’il est difficile dans un contexte de région éloignée d’attirer du personnel soignant. La seule façon que la direction a trouvé pour l’instant, c’est d’offrir des quarts de travail en rotation, toutes les deux semaines.

Le CSSS a reçu une subvention gouvernementale de 150 000$ qui devrait servir à embaucher une infirmière à temps plein. «Cette dernière ne s’occuperait que de structurer un milieu de vie afin de répondre aux exigences du MSSS et intégrer cette culture au foyer», a expliqué Mme Limoges.

Finalement la représentante du MSSS a observé que le personnel respecte les résidents. Les gestes posés par le personnel sont courtois et attentionnés et respectent l’intimité du résident. La confidentialité des renseignements personnels est également respectée.

«On espère que les correctifs seront apportés rapidement pour les deux CSSS», insiste M. Bérubé. Les deux centres de santé doivent soumettre un plan d’amélioration. Le CSSS-SI a 45 jours pour s’exécuter et celui de la Minganie, 60 jours. Le plan de Sept-Îles devrait être approuvé par le MSSS à la mi-août. Il devrait être disponible en ligne en septembre, selon Mme Berthelot.

Photo : L’Association québécoise des retraités des secteurs public et parapublic (AQRP) a étudié les rapports d’appréciation des centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD), dont les résidences Gustave-Gauvreau et Urgel-Pelletier. (Photo : archives – Le Nord-Côtier)

Texte : Dominique Séguin, Journal Le Nord-Côtier

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