Le Jardin des glaciers ferme ses portes

Par Éditions Nordiques 12:00 AM - 07 mai 2013
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La Corporation Plein air Manicouagan a mis un terme aux opérations du Jardin des glaciers, lundi, en raison de sa situation financière précaire et de son incapacité à trouver les 450 000 $ nécessaires en vue de la saison touristique qui devait débuter sous peu.

Les employés ont été avisés de la fermeture le matin même, alors qu’on les a priés de «mettre la clef dans la porte» et de quitter les lieux, aux dires du directeur général de l’organisation, Cédric Mimeault. C’est pourquoi les médias ont été conviés à une conférence de presse extérieure, lors de laquelle la direction et le personnel de l’attrait touristique ont exprimé leur déception face à une situation qu’ils peinent toujours à comprendre. Ce sont quatre employés permanents qui se retrouvent à la porte, alors qu’une quarantaine d’emplois étudiants ne seront pas créés.

Après avoir effectué maintes tentatives visant à trouver du financement et à planifier une gestion plus optimale de l’offre touristique de l’organisation, le directeur général s’est dit abasourdi par la décision de la Corporation. «On m’a fait sortir du conseil d’administration quand ils ont pris la décision. Je me suis dit, ça n’a pas de bon sens qu’on ferme le Jardin, on était capable de faire vivre la présentation au moins, c’était la situation de dernier recours», a laissé tomber M. Mimeaut, visiblement déconcerté.

Nombreux revirements
La semaine dernière, M. Mimeault a présenté un ultime plan de survie à la Corporation. Ce scénario consistait à congédier trois employés permanents, dont lui-même, et de conserver seulement les deux activités les plus lucratives pour cet été, soit le spectacle multimédia et la Vallée des coquillages.

Selon la direction, des profits de 60 000 $ auraient pu être réalisés sur un revenu total de 298 500 $. L’employé restant aurait assuré la gestion du Jardin des glaciers, appuyé par le personnel étudiant, alors que les trois personnes congédiées aurait posé leur candidature en vue d’intégrer le conseil d’administration, de trouver du financement et de planifier une relance pour l’automne 2014.

Plusieurs revirements sont survenus au cours des dernières semaines en ce qui a trait au Jardin des glaciers de Baie-Comeau. Le directeur général avait présenté un premier plan de relance exhaustif en 29 points au conseil municipal, puis aux gens d’affaires de la Manicouagan, le 13 mars, espérant être en mesure de trouver un appui financier de 100 000 $ dans la communauté, pour pouvoir entamer la saison touristique 2013, et ce, en bénéficiant d’un protocole d’entente de 625 000 $ avec la Ville de Baie-Comeau.

Toutefois, le 9 avril, la municipalité annonçait qu’elle ne renouvellerait pas ce protocole, sauf si le Jardin parvenait à trouver 450 000 $ provenant de nouveaux partenaires financiers.

C’est alors qu’est intervenu le député de René-Lévesque, Marjolain Dufour, promettant de cogner à la porte des ministères pour trouver un appui gouvernemental. Le 1er mai, il annonçait la venue d’une aide ponctuelle de 100 000 $, d’une ressource gouvernementale pour accompagner le Jardin des glaciers dans sa relance ainsi qu’une entente avec Emploi-Québec concernant les emplois étudiants, totalisant près de 50 000 $ supplémentaires.

Différentes organisations s’affairaient également à trouver du financement pour permettre l’ouverture de l’attrait, dont Tourisme Côte-Nord Manicouagan et la Société d’aide au développement des collectivités (SADC) de Manicouagan.

La corporation muette
«Malgré tous nos efforts, les fonds disponibles seront insuffisants pour opérer et c’est avec un immense regret que nous devons prendre la décision de mettre fin aux opérations du Jardin des glaciers et ce à compter d’aujourd’hui, 6 mai 2013», peut-on lire dans un communiqué émis lundi par la Corporation.

Rejoint au téléphone la même journée, le président de l’organisation, Jean-Paul Simard, a refusé de transmettre de plus amples informations à propos des raisons pour lesquelles le dernier plan de relance n’a pas été accepté, de la façon dont la fermeture sera effectuée et de ce qu’il adviendra des infrastructures en place. «Je n’ai aucun commentaire. Peut-être qu’il y en aura plus tard, mais pas pour l’instant», a-t-il émis.

Texte: Marlène Joseph-Blais

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