La ville se dote de nouveaux outils pour mesurer l’acceptabilité sociale : Rejet implicite d’un référendum pour Mine Arnaud

Par Éditions Nordiques 12:00 AM - 17 octobre 2012
Temps de lecture :

La Ville de Sept-Îles s’est dotée d’un outil de travail afin de mieux analyser les projets en matière de développement durable et d’acceptabilité sociale. Elle a attribué un budget de 100 000 $ à la Corporation de protection de l’environnement de Sept-Îles (CPESI), qui aura comme mission d’appliquer la grille d’analyse. Mais des groupes de citoyens contestent la composition de la commission responsable du volet développement durable.

En raison du développement économique important et afin de mieux prévoir les impacts des différents projets sur le milieu municipal, la ville travaillera en trois phases. Dans un premier temps, elle mettra en place une grille d’analyse de développement durable. Cet outil vise à élargir la réflexion des élus municipaux sur les avantages et inconvénients d’un projet.

Par la suite, un processus sur la question d’acceptabilité sociale sera déclenché. Cette recherche a notamment pour objectif de produire un recensement sommaire des processus d’acceptabilité sociale observés ailleurs dans des contextes similaires et d’en tirer les principes de bases. Puis un aide-mémoire et un guide d’accompagnement seront proposés aux citoyens, pour faciliter leur participation active dans un processus de consultation publique sur des projets ayant des impacts sur le milieu.

Pour le maire de Sept-Îles, Serge Lévesque, les 100 000 $ représentent un bon investissement. «La ville a voulu se doter d’outils probants pour évaluer tous les projets quels qu’ils soient et particulièrement Mine Arnaud, a-t-il déclaré. Si les citoyens sont préoccupés, la ville a alors toutes les raisons de se soucier d’un projet».

Mine Arnaud en mire
La municipalité a fait savoir que le premier dossier étudié sera celui du projet d’installation d’une mine d’apatite à ciel ouvert dans le canton Arnaud. L’analyse de la première phase sera réalisée par un comité en développement durable composé de cinq personnes issues d’un milieu social différent, soit Stéphanie Prévost (environnement), Denis Clements (municipal), Jean-François Albert (social), Sylvain Larivière (économique) et Claudette Villeneuve (société civile). Ils seront chargés d’apporter leurs expertises et d’analyser le dossier de la mine d’apatite.

À la suite de l’annonce de la composition du comité, des groupes de personnes ont profité de la séance du conseil de ville du mardi 9 octobre pour réagir. Marjolaine Bezeau, porte-parole du Comité de sauvegarde de la grande baie de Sept-Îles, émet des doutes sur l’objectivité de certains membres. «Denis Clements a été le porteur de ballon du projet de la mine d’apatite. Comment siéger sur un comité chargé de l’analyse d’un dossier alors que l’on a été porteur du projet ?», s’est-elle questionnée.

Karine Bond, responsable du comité de citoyens du Canton Arnaud, a estimé que la commission mise en place n’était pas impartiale. Marc Fafard, fervent militant pour l’environnement bien décidé à se présenter aux prochaines élections municipales, a quant à lui déclaré lors de la conférence de presse annonçant le projet que la commission représentait mal la population.

De son côté, le maire reste ferme sur ses positions. Il a fait savoir que la ville n’avait pas l’intention de revoir la composition du comité chargé de la grille d’analyse pour le volet de développement durable. «Nous avons choisi les membres du comité en fonction de leur profil, ce sont les cinq personnes qui nous apparaissaient le plus souhaitables. Ils ont le profil pour faire un travail objectif et rigoureux», a-t-il déclaré. Il a par ailleurs précisé que sept-Îles n’avait pas l’intention pour l’instant de se doter d’autres outils et exclut ainsi la tenue d’un référendum consultatif sur le projet de Mine Arnaud.

Le maire de Sept-Îles, Serge Lévesque, lors de l’annonce de l’adoption d’un nouvel outil de travail visant évaluer le développement durable et l’acceptabilité sociale d’un projet, entouré de Denis Clements, adjoint à la direction générale de la ville de Sept-Îles, ainsi que Lena Simard et Stéphanie Prévost, respectivement présidente et directrice générale de la Corporation de protection de l’environnement de Sept-Îles. (Photo – Le Nord-Côtier).

Partager cet article