Tournage : l’équipe de Kuessipan bientôt de retour à Sept-Îles

Tournage : l’équipe de Kuessipan bientôt de retour à Sept-Îles

Crédit photo : Lena Mill

L’équipe du film Kuessipan reviendra en mai pour compléter un deuxième bloc de tournage à Uashat mak Mani-Utenam et Sept-Îles. Une levée de fonds se tient jusqu’au 12 avril pour compléter le financement du film inspiré du recueil de la Nord-Côtière Naomi Fontaine.

Mi-novembre, l’équipe de tournage de Kuessipan a fait un premier passage remarqué dans la communauté. Le Vieux-Quai, le Clickafé et l’aréna Mario Vollant se sont notamment transformés en plateau de cinéma. Le groupe reviendra en mai pour tourner le début et la fin du film. Les dates précises ne sont pas encore arrêtées, mais l’équipe passera au total environ un mois dans la région.

«Nous voulions bénéficier de la lumière du printemps», a expliqué Félize Frappier, productrice du film.

L’histoire écrite par l’Innue de Uashat mak Mani-Utenam, Naomi Fontaine, relate celle de deux adolescentes dont l’amitié s’effrite sérieusement lorsqu’une d’entre elles s’amourache d’un Québécois et rêve de sortir de la réserve pour s’épanouir.

La productrice du film souligne que comme c’est un drame, le film nous montrera des côtés plus difficiles de la communauté, mais aussi, elle espère qu’il permettra de faire tomber quelques préjugés en mettant en valeur des aspects plus lumineux de Uashat mak Mani-Utenam.

«L’humour, les rires, les sourires, les valeurs humaines, familiales…C’est tout ça qu’on voulait représenter en démystifiant un peu les clichés qu’on peut avoir. À Montréal, souvent, tout ce qu’on entendait des communautés, c’est quand elles bloquaient la route 138. On veut donner une autre image aux gens», a dit Mme Frappier.

Financement

En collaboration avec la créatrice de bijoux Anne-Marie Chagnon, l’équipe de Kuessipan est en pleine levée de fonds pour boucler son financement. Certains des donateurs pourront voir leur nom dans le générique du film. Selon Félize Frappier, le financement participatif se voit de plus en plus dans le domaine du cinéma.

«Ce qu’on espère, c’est pouvoir garder ce qui nous donnerait les meilleures conditions possible pour faire le meilleur film possible. Quand on sent qu’on manque de moyens, on est obligé de couper les coins plus ronds», a-t-elle dit.

La situation n’est donc pas unique à Kuessipan.

«Ce sont des défis que nous avons régulièrement. La minute qu’on dans un film a peut-être pris une journée à créer, à mettre en place. C’est sûr que c’est beaucoup de ressources», a illustré Mme Frappier.

C’est souvent le temps de tournage qui écope en premier lorsque les budgets ne sont pas au rendez-vous.

«La première chose qu’on coupe, c’est le temps que le réalisateur va avoir avec ses acteurs. C’est dommage, parce que tout ce que l’on ne tourne pas, on ne peut pas jouer avec au montage et venir bonifier le film», a-t-elle expliqué.

Le film Kuessipan devrait être présenté au public d’ici le début de 2019. La productrice espère que l’œuvre aura l’occasion de faire voyager la communauté dans les différents festivals de cinéma du monde. Il est possible de contribuer à la levée de fonds en ligne via le annemariechagnon.com.