Mike Mckenzie déclaré non coupable

Mike Mckenzie déclaré non coupable

Le chef de la communauté de Uashat mak Mani-Utenam (ITUM), Mike Mckenzie, a reçu un verdict de non-culpabilité concernant les trois chefs d’accusation à caractères sexuels auxquels il faisait face.

Le juge Michel Dionne a décidé d’accepter le témoignage de l’accusé qui niait les faits qui lui étaient reprochés. La cour considère que les témoignages de la plaignante comportaient «plusieurs contradictions et fabulations».

À la sortie de la salle d’audience, le chef s’est dit satisfait de la décision rendue et entend continuer à exercer son rôle politique. Selon lui, cette affaire démontre qu’il y existe des divisons au sein de sa communauté. «Il est temps de tourner le dos aux guerres intestines qui nuisent à notre développement», pense-t-il.

De son côté, le procureur aux poursuites criminelles et pénales, Steve Beaupré, n’écarte pas la possibilité de porter la cause en appel. «C’est envisageable, ça prend un point de droit sur lequel s’appuyer. Dans des cas comme celui-ci, c’est la crédibilité de la plaignante contre celle de l’accusé», a-t-il indiqué.

Rappel des faits

Mike Mckenzie était accusé d’agression sexuelle, d’attouchements et d’incitation d’attouchement sur une mineure. Son procès avait pris fin en septembre, au palais de justice de Sept-Îles. Le chef du Conseil de bande ITUM s’était d’abord retiré de ses fonctions lorsque les accusations sont tombées en 2016. Il était revenu en poste depuis quelques mois, mais demeurait plutôt discret.

L’homme politique plaidait son innocence depuis le début dans l’affaire. L’avocat de Mike Mckenzie, Me Jean-Luc Desmarais, avait relevé les nombreuses versions des faits de la présumée victime, remettant ainsi en cause sa crédibilité lors des plaidoiries.

«Cette dame-là est manipulatrice. Elle prend une grande liberté avec la vérité», avait affirmé Me Desmarais. La défense avait aussi tenté de démontrer que la dénonciation de la plaignante avait pour but de nuire à la réélection de Mike Mckenzie.

De son côté, le ministère public avait rappelé que la plaignante n’avait pas l’âge de consentement lors des faits allégués, en 2000, même si la relation était consentante. La Couronne avait aussi souligné que des «divergences» entre le témoignage de la présumée victime et ses dires lors de l’enquête préliminaire étaient quelque chose de «normal» dans ce genre de procès.

Finalement, il a été relevé que M. Mckenzie avait des problèmes de consommation au moment des faits allégués. La décision devait initialement être rendue en décembre. Le juge avait alors remis le dévoilement de son verdict au 5 janvier.