«Innu Nikamu : chanter la résistance» en clôture de Ciné7

«Innu Nikamu : chanter la résistance» en clôture de Ciné7

De nombreux mois de travail ont été investis par Kevin Bacon pour la réalisation du film documentaire «Innu Nikamu : chanter la résistance», qu’il est visiblement heureux de pouvoir présenter enfin sur la Côte-Nord.

Présenté en première mondiale au Festival du nouveau cinéma à Montréal cet automne, le film documentaire «Innu Nikamu : chanter la résistance», de Kevin Bacon Hervieux, sera projeté le 28 janvier, 15h, à la Salle Jean-Marc-Dion. Traitant du plus grand festival consacré à la musique autochtone en Amérique du Nord, il vient aussi tracer le portrait d’une communauté ébranlée en voie de guérison.  

Impliqué dans le comité organisateur du Festival Innu Nikamu depuis quelques années, Kevin Bacon Hervieux désirait faire un film documentaire autour du travail accompli par son équipe. Très rapidement, ce projet a pris une autre tournure. «J’ai réalisé que je me devais d’explorer des pistes narratives qui vont bien au-delà du festival», explique-t-il.

En effet, le site sur lequel se déroule cette grande fête musicale était auparavant celui d’un pensionnat autochtone. «Même lorsqu’il a été démoli, beaucoup de gens n’osaient pas s’y déplacer. Innu Nikamu a donné à ce site une nouvelle vocation», indique-t-il. «Ces souvenirs douloureux auxquels il est associé se sont, en quelque sorte, estompés.»

Un contexte social propice

À l’image de la société, le festival a pris un tout nouveau virage, il y a dix ans. «Bien sûr, notre mission première demeure la musique autochtone», tient-il à préciser. «On voulait cependant ouvrir davantage ce rassemblement au non-autochtone. On voulait faire un effort supplémentaire dans cette direction. Il faut dire que la nouvelle génération est beaucoup plus ouverte à l’égard des Autochtones.»

Encore là, force est d’admettre que plusieurs non-autochtones se refusent à mettre les pieds à Mani-Utenam. «Cette crainte découle avant tout d’une très grande méconnaissance. À tort, ils ont l’impression de ne pas être les bienvenus. Même s’ils sont minoritaires, plusieurs non-autochtones continuent de nier l’existence des peuples autochtones», déplore-t-il.

Un pas nécessaire

Pour en arriver à une réelle réconciliation, le réalisateur considère que les gens se doivent d’accepter ce passé assez troublant. C’est-à-dire reconnaître les torts qui ont été véritablement causés aux peuples autochtones. Cette projection à la Salle Jean-Marc-Dion se veut propice, selon lui, à l’ouverture de ce dialogue qui doit se faire dans le respect de l’un et de l’autre.

Bien sûr, cette invitation lancée par le Festival du film de Sept-Îles enchante Kevin Bacon Hervieux au plus haut point. «Je sais que c’est un moment attendu par plusieurs, y compris moi. Je suis fier qu’on ait inclus mon film à la programmation du festival et qu’il soit présenté en clôture. J’espère que les gens qui ont peur de venir dans la communauté durant Innu Nikamu se déplaceront en très grand nombre pour voir ce film documentaire», lance-t-il.

Les billets pour assister à cette unique projection du film documentaire «Innu Nikamu : chanter la résistance» sont en vente à la billetterie de la Salle Jean-Marc-Dion. Il est à noter que ce lieu de diffusion peut accueillir jusqu’à 850 personnes.