Mine Arnaud: Québec se «moque» des Nord-Côtiers, selon la députée Richard

Photo de Fanny Lévesque
Par Fanny Lévesque

La députée de Duplessis, Lorraine Richard, a fortement réagi ce matin à l’Assemblée nationale à la lumière des informations révélant que le partenaire de Mine Arnaud, Yara International, n’achèterait qu’entre 40 et 50% de la production de la mine d’apatite.

Mercredi, le ministre de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations, Jacques Daoust, indiquait dans nos pages que Mine Arnaud possédait la garantie que Yara se porterait acquéreur que de la moitié de la production de la mine d’apatite. Des informations qui ont été confirmées ce matin par Investissement Québec, dans le quotidien Le Devoir.

«On apprenait récemment que Yara, qui devait acheter 100% de la production, va en acheter 40, 50%», a soulevé la députée de Duplessis pendant la période question.

«On n’a pas d’acheteur, on n’a pas d’investisseur, on s’en va où avec Mine Arnaud», a interrogé Mme Richard.

Le ministre Daoust a répondu que «le développement d’une mine doit passer par plusieurs étapes». «Il nous faut un spécialiste de l’exploitation minière qui va compléter l’équipe et qui va faire en sorte qu’on va être capable de développer cette mine-là. On est rendu à cette étape-là, on progresse», a-t-il poursuivi.

La députée péquiste n’a pas manqué de répliquer. «Vous n’avez pas d’acheteur, pas d’investisseur et ça c’est se moquer de toute une population qui est sans emploi, c’est créer de faux espoirs dans ma région», a-t-elle affirmé, rappelant que la Côte-Nord avait «cruellement» besoin d’emplois avec la baisse du marché du fer.

(Source: Assemblée nationale)

 

Rencontre publique d’informations 

Lorraine Richard en a également profité pour souligner que le ministère de l’Environnement refusait toujours de tenir une rencontre publique d’informations à Sept-Îles, malgré la demande de la Ville, pour expliquer les changements apportés au projet de Mine Arnaud sur le plan environnemental, depuis le rapport du BAPE et l’émission du décret gouvernemental.

«Ce projet-là, on constate qui ne tient pas la route parce qu’habituellement, il (le ministère) ne serait pas gêné de venir l’expliquer», a lancé la députée, ce qui a provoqué un brouhaha au Salon bleu.

Après l’appel au calme du président de l’Assemblée, le ministre de l’Environnement, David Heurtel, dit être au fait de la demande adressée par le maire de Sept-Îles.

«Nous sommes prêts à donner des informations au maire de Sept-Îles, nous ce que nous attendons, c’est que le maire nous pose des questions précises et nous serons heureux d’y répondre», a indiqué le ministre.

Mine Arnaud est propriété à 62% d’Investissement Québec et de la Norvégienne Yara International ASA. La société est toujours à la recherche d’un troisième investisseur pour démarrer le projet évalué à 850 millions $.

Partager cet article