«Ma première chance» vise la réintégration sociale

Photo de Jean-Christophe Beaulieu
Par Jean-Christophe Beaulieu
«Ma première chance» vise la réintégration sociale
Des Innus de Uashat mak Mani-Utenam ont récemment rencontré le premier ministre François Legault dans le cadre de leur participation au projet «Ma première chance».

Le projet «Ma première chance», qui vise à réintégrer socialement des jeunes de Uashat mak Mani-Utenam aux prises avec divers problèmes, vient tout juste de se terminer. Une vingtaine de jeunes auront pu vivre une expérience en dehors du système traditionnel, mettant de l’avant chasse et spiritualité. Une méthode plus proche des valeurs de la communauté.

Lancé en septembre dernier suite à une enquête sur cinq suicides survenus dans la communauté, le projet «Ma première chance» semble s’avérer fructueux.

Conseiller à ITUM, Dave Vollant dit voir clairement un «avant et un après» chez les 17 jeunes, qui reviennent tout juste d’une rencontre avec le premier ministre François Legault à Québec.

«Leur attitude face à M. Legault m’a vraiment impressionné. Il n’y avait pas du tout de gêne et je voyais très bien leur confiance qui avait augmenté depuis le début du projet», assure M. Vollant. «Il faut dire que ce sont souvent des jeunes qui se sont fait dire qu’ils ne réussiraient pas. Nous on leur a plutôt dit : on ne te lâchera pas, si tu penses laisser tomber, on va venir cogner chez vous et venir te chercher», poursuit-il.

Reprendre sa place

Les jeunes Innus qui ont participé faisaient face à diverses problématiques : décrochage scolaire, pauvreté, quête identitaire, consommation de drogue.

Via des activités de chasse, par la spiritualité et des voyages, ils ont pu prendre le temps de retrouver leur place et de se construire. L’une des participantes, Marie-Soleil Michel, mentionne à quel point l’expérience a fait une différence dans sa vie.

«Je consommais beaucoup. J’arrêtais, puis je recommençais. Je n’étais pas prête non plus à avoir un travail ou à retourner aux études, ça me semblait trop drastique. Avec le projet, on se faisait encourager et dire nos bons coups, on faisait tout à notre rythme», explique la jeune maman de 26 ans.

«Ça faisait longtemps que je n’avais pas eu une routine de vie stable. On était très bien entouré et c’était très familial», ajoute-t-elle, mentionnant qu’elle reprend ses études en éducation spécialisée.

Pour Jonathan St-Onge, 23 ans, ce sont les activités de chasse qui lui ont permis de se redécouvrir.

«À travers ça, j’ai renoué avec les traditions de ma culture. L’aidant naturel qui nous apprenait à chasser et à respecter la nature comme nos ancêtres m’a beaucoup appris», mentionne le jeune homme, qui s’inscrira bientôt à un cours de cuisine à Jonquière.

À suivre?

Suite au succès du projet pilote, une deuxième cohorte de «Ma première chance» pourrait bien voir le jour, annonce Dave Vollant.

«Ce projet-là pourrait même être lancé dans les milieux défavorisés de chaque région. À Montréal, il n’y a pas juste dans les communautés que ça ne va pas bien. Même ici à Sept-Îles, la formule pourrait être reprise», suggère le conseiller.

Partager cet article