Logement social: Le NPD déplore le désengagement du fédéral

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Par Éditions Nordiques
Logement social: Le NPD déplore le désengagement du fédéral

Alors que l’incertitude plane autour du programme québécois «Accès Logis» mettant en lumière l’importance du logement social, Jonathan Genest Jourdain en profite pour dénoncer l’inaction du gouvernement fédéral en la matière. Un constat également partagé par le porte-parole du comité Occupation quadruple, un sous-comité d’Actions Pauvreté Sept-Îles.

Le représentant du Nouveau Parti démocratique dans Manicouagan dénonce l’abandon des subventions au logement par le gouvernement fédéral. Une décision qui place plusieurs coopératives d’habitation de la région dans une situation précaire et qui vient ajouter une charge supplémentaire sur les épaules des personnes bénéficiant d’un loyer à prix modique, en augmentant parfois leur coût de manière déraisonnable en période de croissance économique.

«C’est seulement pour lui rafraîchir la mémoire. À l’approche des élections, on veut faire de la pression sur les épaules des conservateurs pour que des engagements concrets soient pris en matière de logement social. Nous sommes le seul pays du G8 qui n’a pas d’entente à cet égard, souligne M. Genest-Jourdain. Leur plan d’action économique est présentement en chute libre et ce sont malheureusement les citoyens qui auront à en payer la note.»

Lors de cette rencontre, Jonathan Genest Jourdain cite l’exemple de Fort McMurray, une municipalité de l’Alberta où s’effectuait l’extraction des sables bitumineux et qui a connu une importante crise économique qui a eu des répercussions sur l’emploi disponible. Une situation qui n’est pas unique au Québec et qui s’étend à l’ensemble du Canada. Un discours similaire à celui formulé par la critique en matière de logement du parti, Marjolaine Boutin-Sweet.

Selon M. Jourdain, la solution ne réside pas seulement en l’injection de fonds pour les logements sociaux et les industries doivent faire leur part pour s’assurer que le développement économique ne se fasse pas à l’encontre des plus démunis. «Le développement économique ne profite pas nécessaire pas à tous. Il faut trouver un moyen pour en atténuer ses impacts négatifs sur les personnes à faible revenu», ajoute-t-il.

Des coûts jugés excessifs
De son côté, le porte-parole du comité Occupation quadruple, Jean-François Albert se préoccupe du coût excessif de certains loyers à Sept-Îles. Une situation attribuable à l’importante croissance économique connue par la municipalité au cours des dernières années.

«Même si l’on connaît un important ralentissement économique, l’impact ne se fait pas encore sentir sur le coût des loyers. Les organismes communautaires fournissent souvent de l’aide à des gens qui n’arrivent pas à se trouver un loyer qui répond à leur besoin», insiste-t-il.

Également directeur général du Centre d’intervention Le Rond-Point, M. Albert dénonce le désengagement de l’État de certains services. Des responsabilités qu’ils délèguent aux organismes communautaires, sans pour autant leur offrir de ressources financières suffisantes leur permettant de répondre adéquatement aux besoins des citoyens.

«En période d’austérité, on ouvre la porte au privé. On s’est battu pour avoir des programmes sociaux de qualité et tout est compromis. On doit assurer le bien-être des générations futures. Les logements sociaux ne doivent pas être perçus comme un endroit réservé uniquement aux assistés sociaux, mais aussi comme un moyen pour certains de réintégrer à la société.»

Un sujet peu populaire
Absent du discours gouvernemental, la pauvreté est un enjeu très peu abordé en séance parlementaire par le gouvernement conservateur, selon les dires de M. Genest Jourdain. «Même s’il y a injection de fonds, il faut s’assurer qu’ils soient administrés de manière adéquate et éviter que cela ne se perde dans des dédales administratifs. Pour connaître les réels besoins des citoyens et électeurs, les conservateurs se doivent d’aller sur le terrain et ils ne le font pas», déclare-t-il.

De récentes données indiquent que plus d’un million et demi de familles sont mal logées dans l’ensemble du Canada. Le NPD espère faire en sorte que le gouvernement fédéral supportera sa motion pour le renouvellement du financement des ententes à long terme pour le logement social et qu’il s’assure de préserver les subventions au loyer et l’aide financière attribuée à la rénovation des immeubles.

Jonathan Genest Jourdain et Jean-François Albert (Photo : courtoisie)

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