Les déboires de l’usine de biocarburants font mal aux entrepreneurs locaux

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Par Mathieu Morasse
Les déboires de l’usine de biocarburants font mal aux entrepreneurs locaux
Les problèmes accumulés par l’usine de biocarburants à Port-Cartier pendant et après sa construction font mal aux entrepreneurs locaux.

Les problèmes accumulés par l’usine de biocarburants à Port-Cartier pendant et après sa construction font mal aux entrepreneurs locaux. Prise dans le litige de 23,1 M$ qui en découle, l’entreprise septilienne Groupe G7 semble être la victime indirecte de la situation.

Construite au coût de 105 millions de dollars et financée à plus de 70% par Ottawa et Québec, l’usine de biocarburants de Port-Cartier doit utiliser une nouvelle technologie révolutionnaire.

Or, huit mois après la fin des travaux, les problèmes liés aux équipements de cette nouvelle technologie continuent. L’usine de Bioénergie Æ Côte-Nord (AECN) n’est toujours pas pleinement opérationnelle, les frais de retards et de dépassements de coûts s’accumulent et les différentes compagnies impliquées sont embourbées dans les poursuites.

Le maître d’œuvre des travaux, A.X.C. Construction, une filiale d’AXOR Experts-Conseils, réclame 9,1 M$ en factures impayées à AECN relativement aux retards et aux coûts imprévus. Cette somme inclut entre autres les réclamations de quatre sous-traitants, dont Groupe G7 et Construction Fournier.

AECN rejette la faute sur les fournisseurs américains de la technologie, auxquels ils réclament 23,1 M$.
«Il y a eu des sommes substantielles qui ont été payées à AXOR. Mais compte tenu des retards dans la construction et dans le démarrage, ça a amené toutes sortes de problèmes légaux», explique Serge Mercier, président de Bioénergie Æ Côte-Nord.

Énormes impacts

Pendant ce temps, les entrepreneurs impliqués dans le projet pâtissent du manque à gagner et des différentes procédures.

La fermeture forcée de Groupe G7 le 28 février par manque de liquidité en est un exemple frappant, même s’il ne s’agit vraisemblablement pas de la seule cause.

Denis Cadoret, président de AXC et associé principal chez AXOR, confirme l’impact négatif sur les entrepreneurs.

«Malheureusement, il reste un gros solde impayé et des poursuites judiciaires ont dû être engagées pour récupérer cet argent. Cette circonstance nous affecte énormément ainsi que toutes les entreprises ayant participé à ce projet. Nous mettons tout en œuvre afin de résoudre cette situation», a-t-il déclaré par courriel.

Le litige judiciaire devrait durer encore de nombreux mois. Les parties ont jusqu’en juin pour compléter leurs différentes réclamations. Vu l’ampleur du dossier, il est fort possible que le dossier s’étire jusqu’en 2020.

Fonctionnement sporadique

Pendant à tout ça, l’usine n’opère que de façon «très sporadique».

«Une des problématiques qu’on a eues, il a fallu faire beaucoup de modifications sur les équipements qui ont été livrés. Il y a eu encore beaucoup de modifications en janvier et en février, lesquelles ont réglé une bonne partie des problèmes. Il reste encore certains problèmes au niveau du produit final comme tel, que l’équipementier est en train d’essayer de résoudre», indique Serge Mercier.

Aucune date d’ouverture officielle n’a encore été annoncée.

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