Le Projet M s’inspire de l’Allemagne pour inverser le modèle traditionnel

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Par Jean-Christophe Beaulieu
Le Projet M s’inspire de l’Allemagne pour inverser le modèle traditionnel
Le programme de génie mécanique du Cégep de Sept-Îles est ciblé par le Projet M.

Un projet pilote prendra place dans les entreprises manufacturières de la région dès cet été. Inspiré du modèle «dual» allemand, il permettra aux travailleurs d’obtenir leur diplôme en continuant à travailler sans avoir à retourner sur les bancs d’école.

Alors que les entreprises sont à la recherche de solutions innovantes pour attirer et recruter des travailleurs, le Projet M mise plutôt sur les employés déjà présents. En leur offrant des formations, on s’assure de les garder puisque cela permettrait d’augmenter leur niveau de compétences et de leur donner accès à des postes plus qualifiés.

L’initiative part de l’association Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ) et s’inspire des méthodes allemandes.

Le projet sera mis sur pied en collaboration avec plusieurs établissements collégiaux au Québec, dont celui de Sept-Îles, qui s’unit avec le Cégep de Thetford. Des travailleurs et des travailleuses pourront notamment, à temps partiel, étudier à distance afin de devenir des techniciens et des techniciennes en génie mécanique.

«Traditionnellement, les gens viennent sur les bancs d’école, apprennent la théorie et vont sur le marché du travail tester leurs connaissances. Là on inverse le modèle, on vise des travailleurs qui sont sur le marché de l’emploi depuis longtemps et qui ne peuvent y retourner en raison de contraintes personnelles ou financières. On les accommodera pour qu’ils retournent aux études sans nuire à leur cheminement professionnel», explique Stéphanie Pitre, conseillère en formation au Cégep de Sept-Îles.

Manque en génie mécanique

Ce modèle a d’abord été développé pour contrer la pénurie de main-d’œuvre. En l’appliquant dans le cadre du Projet M, on vise à aider les entreprises manufacturières de la Côte-Nord à combler leurs besoins.

«Ça fait suite à une analyse du marché que l’on a faite et qui nous a permis de recenser un nombre de régions qui ont des besoins plus fort que les autres en matière de formation dans certaines professions. C’est ce qui nous a conduits à développer la formation duale, qui peut se faire jusqu’à 100% en entreprise», spécifie Giany Huyghues-Despointes, coordonnateur pour la MEQ.

Sur la Côte-Nord, les manques se trouvent spécifiquement au niveau des techniciens en génie mécanique. Le Projet M viendra faciliter l’obtention du diplôme pour les travailleurs embauchés sans celui-ci, mais qui ont tout de même acquis de l’expérience et des compétences dans leur entreprise. Le tout permettra aux employeurs d’avoir une main-d’œuvre plus spécialisée et aux formateurs du Cégep d’acquérir de nouvelles compétences en enseignant sur le terrain selon M. Huyghues-Despointes.

«Et la formation est rémunérée pour les employés, on peut dire que tout le monde y gagne».

Les entreprises du secteur manufacturier intéressées à faire partie du projet peuvent contacter le MEQ, actuellement en période de recrutement. Pour le programme via le Cégep de Sept-Îles, il débutera le 22 avril 2019 et se terminera en mars 2021.

 

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