L’ascension de Natasha Kanapé Fontaine portée à l’écran

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Par Éric Martin
L’ascension de Natasha Kanapé Fontaine portée à l’écran
Fière de ses origines autochtones, Natasha Kanapé Fontaine continue de jouer un rôle important en matière d’éducation populaire. Un apport d’une valeur remarquable mis en lumière dans le documentaire Nin e Tepueian — Mon cri. Photo Les films du 3 mars

Fortement visible dans les médias au cours des dernières années, Natasha Kanapé Fontaine est devenue un visage emblématique de cette réconciliation en cours entre les autochtones et les non-autochtones. Ceci a amené Santiago Bertolino à s’intéresser à cette artiste engagée dans un documentaire ayant pour titre Nin e Tepueian — Mon cri (autre texte).    

Lorsqu’elle intervient sur la place publique, Natasha Kanapé Fontaine s’efforce de faire connaître la vérité aux gens afin qu’ils puissent réfléchir convenablement à certains enjeux autochtones. Son message, elle ne le transmet pas uniquement par le biais des médias.

« J’essaie toujours de rester le plus humble possible. Tout ça m’est arrivé par hasard. Je ne peux pas m’en attribuer seul le mérite. Quand j’ai étudié en arts visuels, il y a dix ans, j’avais peu accès à de l’information. J’ai voulu en savoir plus. C’est devenu une démarche importante pour moi », explique-t-elle. « Je me considère chanceuse d’avoir toutes ces tribunes. »

Ses talents de communicatrice sont définitivement devenus l’une de ses forces. « Dans tout ce que je fais, je me soucie de verbaliser les choses de manière à ce qu’elles soient comprises par des non-autochtones.

Les gens nous voient à tort comme des personnes passives. Ça transparaît dans la littérature. À tort, c’est ce qui a marqué l’univers des gens. Je ne peux pas leur en tenir rigueur », avance-t-elle.

Natasha Kanapé Fontaine déplore le fait que le côté plus flamboyant de sa culture est toujours celui qui est mis de l’avant par les médias. Elle ajoute que c’est souvent fait sur une base de marketing et elle trouve cela déplorable.

En constant déplacement

Au cours des prochains mois, cette artiste innue originaire de Pessamit sur la Côte-Nord se promènera beaucoup du côté de l’Europe où la thématique de la décolonisation gagne en popularité dans la littérature. « On doit continuer ce processus. Les autochtones ne sont pas tous semblables », insiste-t-elle. « Les gens doivent apprendre à connaître nos différences. Notre vision du territoire n’est pas la même. Il n’en demeure pas moins qu’il est à la base de nos identités respectives. »

Pour l’instant, il semble bien qu’aucun projet de télévision ne soit en branle pour celle qui a incarné Eyota Standing Bear dans le téléroman Unité 9. Rien n’empêche qu’elle aimerait bien avoir l’opportunité de revivre une telle expérience. Elle demeure convaincue que la réalité autochtone se doit d’être mieux représentée au petit et au grand écran.


Une aventure difficile et enrichissante pour Santiago Bertolino

Santiago Bertolino, réalisateur du documentaire Nin e Tepueian — Mon cri, a rencontré Natasha Kanapé Fontaine au cours de manifestations environnementales en 2012. Par la suite, il a continué à la suivre et à réaliser qu’il avait ici un très beau personnage. C’était bien avant son ascension médiatique.

« C’est la première fois que je voyais une poète engagée prendre la parole et obtenir une telle visibilité dans les médias. En parlant d’elle, c’est une occasion parfaite d’aborder cette réconciliation en cours entre les autochtones et les non-autochtones. Elle est aussi le portrait positif d’une femme autochtone. Elle est fonceuse. Elle devient un exemple à suivre pour ses semblables », indique-t-il.

Ce film n’a pas été facile à réaliser puisqu’il a nécessité de nombreux tournages. En effet, le réalisateur s’est rendu, entre autres, à Haïti, au Dakota du Nord aux États-Unis et à Kuujjuaq dans le Nord québécois. Lors de ces déplacements, Natasha Kanapé Fontaine a livré sa poésie aux gens et animé des ateliers de création.

« De sa poésie, il en ressort une très grande énergie. Elle est véritablement imprégnée par le territoire. Ce qu’elle fait relève de l’éducation populaire. Elle crée un débat tout en douceur. En aucun cas, elle n’adopte un ton accusateur », enchaîne Santiago Bertolino.

Il est à souhaiter que les Nord-Côtiers aient l’opportunité de voir Nin e Tepueian – Mon cri très prochainement. Aucune date n’est confirmée pour le moment, mais ceci fait partie des plans de la compagnie Les films du 3 mars qui en est le distributeur.

 

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